Le hip hop pour toi ?
La liberté d’expression. Un moyen flexible d’exprimer ses pensées sans inhibition. Un mouvement, un style de vie, une manière d’être. Affirmer son style, être soi-même, dire qui l’on est de manière à la fois puissante et musicale.
Le hip hop et toi ?
On ne connaissait pratiquement rien de ce courant jusqu’à tomber, ados, sur des cassettes d’Eminem. Depuis, ce musique nous fascine ! Le rap est une narration poétique, basée sur des choses réelles, initiée par l’envie de porter la voix contre le racisme, les discriminations, etc. Même s’il se métamorphose désormais au gré des régions, le son hip hop reste immuable. Nous, on a commencé en écoutant Eminem, puis progressivement absorbé tout ce que la scène rap pouvait proposer. Des artistes comme Common, Rakim, Mos Def, Talib Kweli, ATCQ, Wu Tang Clan, Jay-Z, NaS, Royce Da 5’9, Canibus, Tupac, Notorious BIG, KRS One, Immortal Technique, Dr Dre, Outkast, Kanye West, Outlandish, Linkin Park, AR Rehman, Poets of the Fall, Metallica, Creed, Godsmack, POD, Moby, Lauryn Hill, Wyclef Jean, Black Eyed Peas.. Ils y sont tous là, non ? Hé hé... On écoute un peu de tout, mais le hip hop reste au coeur de notre démarche.
Facile d’être un rappeur en Inde ?
Rien n’est donné, quoi que tu fasses ! De la musique ou autre, du rock ou du rap. Le hip hop a du potentiel en Inde, il est en train d’émerger. La clé, c’est l’originalité. C’est ce que le public recherche. Plus tu fais ce que t’aimes, plus ta musique est originale, plus les gens l’aiment. C’est ça leur plaît, c’est gagné !
Une nouvelle voix dans le paysage musical indien ?
Plein de musiques indiennes s’inspirent aujourd’hui du hip hop pour proposer de nouvelles choses. Bollywood a puisé dans le rap des milliards de fois, de même que la musique bhangra (Penjab). Les musiques classiques hindoustani (Inde du Nord) et carnatiques (Inde du Sud) ont également fusionné avec du rap. Ce genre de mélange, rythmes hip hop avec tablas, flûtes ou sitars, peut donner des merveilles ! Ceci dit, le rap « brut » reste underground : le public n’est pas encore prêt. Il préfère des choses plus mélodiques, rythmiques, groovy etc. Plein de gens pensent encore que le hip hop, c’est « cash, meufs, bagnoles, fringues, drogue, bling bling, etc. » Hé hé... Ils commencent peut à peu à élargir leurs horizons.
Bombay ?
Cette ville offre un formidable potentiel, du fait de la diversité des gens qui y vivent, originaires de tout le pays. Un melting pot des cultures, donc un bon mix d’influences, du sud, du nord, de partout. Chaque son régional doit apporter sa touche.
En quoi ton hip hop est-il indien ?
Que tu le veuilles ou non, ta créativité se nourrit de ce que tu es. On utilise beaucoup de mélodies et de sons indiens. Nos apports, notre attitude et nos influences se retrouvent aussi dans nos paroles. On ne se limite et ne se force pas à faire de la musique indienne, on y va à l’instinct. L’important, c’est que ça sonne bien. Notre identité se ressentira dans notre musique, d’une manière ou l’autre.
Messages que tu souhaites faire passer ?
Nos textes sont plutôt positifs : on parle d’amour, d’hypocrisie, de ce que le hip hop représente pour nous, de ce qu’on aime... On devient négatif quand il s’agit d’exprimer notre désaccord envers certaines choses, personnes ou perspectives. Le nom de notre groupe, sKiZzOpHoNiC, est la contraction de « schizophrénie » et « phonic » : trois gars avec trois personnalités et trois points de vue, qui unissent leurs forces et leur esprit par le biais de la musique... C’est du moins là qu’on veut en venir !
Le hip hop en Inde, un moyen de revendication ?
Le rap est une musique de jeunes ; les plus âgés ne s’y reconnaissent pas. Né d’un besoin de contestation sociale, il peut aujourd’hui exprimer tout type d’émotion, prendre différentes formes selon les gens, les cultures, les régions... Les jeunes se mettent au hip hop par passion. Certains, comme nous, veulent en faire un métier. Le challenge, alors, est de parvenir à faire sa place et conquérir un public. Bande démo, approche de labels et de producteurs... Pour y arriver, faut se bouger ! Diffuser sa musique, booster le bouche à oreille, faire sa place au niveau local, participer à des concerts... et continuer à avancer, toujours un peu plus loin.
Artistes indiens à conseiller ?
Blaazeest : avec ses influences africaines, il est en train d’initier un courant. Jay Sean : excellent chanteur/rappeur. Juggy D : des textes fabuleux. Punjabi MC : super mélodies. Dr Zeus : la musique de ce mec est mortelle ! Ces gars ne sont pas nés là (1), mais ils sont indiens. SKiZzOpHoNiC (Bombay), Wattabottles (Inde du Sud), Ragged Skull (Inde du Sud) et quelques autres constituent selon moi la relève. En toute honnêteté et modestie !
(1)La plupart sont du Royaume-Uni
























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(1) : disponible prochainement