Bercy, douzième arrondissement. Le gros cube sombre et impersonnel du Palais Omnisports. La dernière fois qu’on est venu là, pour rencontrer le Dalaï Lama, on s’était pourtant juré qu’on ne nous y reprendrait pas – côté atmosphère inspirée, tu repasseras... Mais bon, nous y v’là !
Difficile d’imaginer Chapulin (1) enfermé dans cette grosse boîte, après l’avoir vu folâtrer à Prospect Park... Porte 35. Pass, photographe, tout est en place. Combien on est, là-dedans : 5000 ? 10000 ? Davantage ?
Riffs de guitare, basse, Radio Bemba débarque, wawawoum, c’est parti ! « C’est la panique, panique »… « Sur le périphérique » peut-être, mais pas ici. « Hoyo yo », le voyage commence. « Peligro es el barrio », la foule scande. « Bienvenida Tijuana », on allume les briquets. Le cube devient bulle.
« Por la carretera », on continue la route.
De titres en titres, les murs s’estompent. Avec ses loupiotes de bal, la scène prend des allures de place de village. Une de ces petites places en terre battue, balayée par le vent du soir, sur laquelle on aurait sorti les baffles pour faire la fête…
C’est moi qui yoyote ou on est vachement bien, tous, là ? « On va vous jouer quelques rumbas des quartiers de Barcelona. » Manu et les siens n’ont pas l’air mal non plus. « Ils veulent tuer la rumba, mucha speculacion, mucha policia »…
Une petite dernière ? « Le temps d’accorder les guitares »… Ahhh, Bercy comme un gros cœur qui bat.
(1) « Sauterelle » en espagnol, surnom de Manu.























