19h00 : Tout semble parfaitement préparé. Mam, tête de liste et éducateur spécialisé en banlieue parisienne, arrive tranquillement dans la salle accueillant la «réunion citoyenne». Salle tapissée des œuvres de l’artiste Vincent Malléa prônant la diversité ethnique et culturelle. Jeux du hasard, cela colle parfaitement aux idéaux « de vivre ensemble » chers à Mam. Assisté par un acolyte, rencontré lors des événements de Cachan en 2006, il coordonne l’arrivée de ses sympathisants. Mam reste cramponné à son téléphone, il s’impatiente. les convives se font attendre, le planning prend du retard …
19H26 : Des élus de la mairie se manifestent pour signifier au leader d’Emergence que la salle est réservée. Le déménagement sera rapide car, à cette heure, il n’y a pas plus de deux sympathisants à l’horizon. La réunion semble avortée.
19h30 : Le petit comité atterrit dans une salle aux antipodes de la précédente. Au centre de cette pièce chargée en moulures dorées veille, au plafond, la devise de la Ville de Paris : « Fluctuat Nec Mergitur » [ Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ]. Signe du destin ? Peut-être, mais les sympathisants arrivent toujours au compte-goutte… Le candidat prend les choses en main pour rassurer les personnes présentes et annonce : « Problèmes sur le Rer D et B. Les gens ne vont pas tarder à arriver ! ». L’ambiance pesante retombe. Discussions de groupes. Rires par ci, exclamations par là, quelques expressions joviales commencent à émerger. La soirée prend un nouveau tour.
19h43 : Un soutien inattendu fait son apparition. Ce n’est autre que le Maire d’arrondissement, Jacques Boultaut. Il s’embarque aussitôt dans un discours de bienvenue : « Bon courage pour cette réunion de travail, je suis heureux que vous soyez là ! C'est un réel plaisir de recevoir, dans la salle des mariages, des personnes qui discutent et qui construisent».
20h05 : Le groupe de retardataires arrive. La séance peut enfin commencer. Mam s’installe à l’extrémité de la table ronde puis présente le projet Emergence : « Notre but est de profiter des prochaines échéances politiques pour bousculer les consciences, pour dire qu’on existe ! Nous, franciliens de la société civile, nous voulons participer à la construction de notre région ! ».
20h28 : Après un long exposé, le débat est lancé. Une voix en fond de cour note une incohérence : « Vous dites que vous ne faites pas de politique mais vous participez quand même aux régionales ! ». Mam reprend son l’argumentaire bien rodé et lance : « Nous ne sommes pas encartés car nous ne nous reconnaissons ni à droite, ni à gauche…». La demoiselle le coupe, insiste et pose la question en d’autres termes : « Les régionales, c’est bien de la politique, non ? ». Ager, 23 ans, conseillère municipale à Vitry, monte au créneau : « Nous sommes là pour fédérer, nous connaissons le terrain et voulons faire du bruit ! ».
Maintenant plus de place pour la réserve ! Les langues se délient tour à tour pour annoncer une soirée riche en réflexion.






















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