Pour beaucoup, la reconnaissance pleine et entière des Tibétains au sein de la Chine passe par leur émancipation économique. D’où l’idée de Younden, habitant de la région du Kham.
Eté 2005, Younden et d’autres jeunes sans emploi de Tagong ont une idée : créer un lieu qui permettrait tout à la fois :
- de présenter et sauvegarder la culture khampa aux touristes de passage,
- de fournir du travail à la population locale
- et de soutenir le développement durable de la région.
Avec l’aide de Linda, une Australienne de Sidney ayant déjà épaulé ce type d’initiative auprès d’aborigènes, ils construisent un modèle économique « indépendant et viable », trouvent des fonds pour se lancer, rassemblent des pièces pour le musée.
Eté 2006, le Khampa Cultural Centre ouvre ses portes dans la rue principale de Tagong. Les atouts de Younden et sa bande ? Une vraie connaissance du Kham, une bonne maîtrise de l’anglais, la volonté de valoriser la culture tibétaine et de venir en aide à la population autochtone, au bénéfice des plus nécessiteux. « Tout ce qui est fait au Centre est l’œuvre de gens d’ici », explique le jeune entrepreneur. Artisanat, restauration, logement chez l’habitant… « Au départ, on pensait qu’il fallait devenir "plus chinois" pour capter les touristes ; puis on a compris que les Occidentaux venaient avant tout pour découvrir notre culture ! »
Ouverte, dynamique, l’équipe du Khampa Cultural Centre séduit par son humanité. La preuve : la décoration de la terrasse est confiée à un vieux sculpteur du village, à qui plus personne ne donnait de boulot. « Il est tellement heureux de se sentir utile qu’il ne prend jamais de pause ! »