Sont-ils devenus fous ? L’universalisme républicain irait-il se nicher entre une couche de Ketchup et une tranche de viande ? Plainte retirée ou pas, là n’est pas le problème. L’ impact médiatique de « l’affaire (sic) du Quick halal » participe au décrochage, au fossé creusé, orchestré par nos élites politiques, entre la société française et ses minorités visibles. Un détail ( ?) : les couscous halal, partout présents sur notre territoire, ne dérangent , eux, personne. Mais un Quick ? Attention, nous ne sommes plus là dans le folklore, mais dans le bien commun. Risible ? Pas tant que ça.
Quoi que l’on pense du débat sur l’identité nationale, on ne peut que constater -quasi objectivement- que les dérapages engendrés sur « les musulmans » n’ont pas été sanctionnés, à peine évoqués, alors que la moindre note dissonante d’une Rama Yade donne, elle, lieu à un rappel à l’ordre instantané. Autant dire que les visions néocoloniales d’une France poussiéreuse ont la vie dure ! Le lien évident (car chronologique et, par ailleurs, totalement assumé dans ses discours par le Président de la République) entre ce débat et la commission parlementaire sur la « burqa », suivi du Quick et, dans une certaine mesure, de l’affaire Soumaré, tourne au harcèlement.
Disons le clairement : ces attitudes et propos irresponsables virent à la déclaration de haine contre certaines minorités. Elles créent des solidarités absurdes : des musulmans en viendraient, tout simplement par ras le bol, à défendre le niqab ou la burqa, car tout est fait pour les opposer au reste de la société. Voilà qui crée du communautarisme. Et du vrai, celui-là ! Si la République lâche ses minorités dans la fosse aux lions, celles-ci ne peuvent que resserrer les rangs. C’est une évidence, de type 1 + 1 = 2. Pas compliqué à comprendre. Ne l’a-t-on pas appris à Sciences Po ? Les périodes électorales ne sont pas fatalement des lieux où l’on se lâche contre une partie des citoyens.
Rappelons ainsi comment le candidat Obama est allé chercher chaque communauté. En donnant à chacune le sentiment de compter et, ainsi, de participer à une bataille qui dépassait, elle, largement le cadre communautaire. La division n’est pas une arme inévitable, loin de là. Elle laisse des traces dans chacun et, par dessus tout, dans notre histoire commune, celle que nous souhaitons inventer dans le respect (oui : le respect) de notre diversité.
Cette diversité que les Français jugent, eux, très positivement, selon un récent sondage Equity Lab/Metro/Tns Sofres [1](1). Un instant de répit et d’apaisement au milieu d’une zone de turbulence orchestrée. Ne nous en privons pas.
(1) www.equitylab.fr [2]
Liens:
[1] http://www.respectmag.com/la-diversité-culturelle-jugée-positive-par-77-des-français
[2] http://www.equitylab.fr