Retour sur la journée de débat organisée par la confédération CFDT, le 2 février, à Paris. Au programme : politique de la Ville et emploi en banlieue.
9h tapantes, Anousheh Karvar, déléguée générale de la CFDT, ouvre le bal en dévoilant les objectifs de la journée. Les intervenants ont 8 heures pour passer en revue les politiques publiques afin d’en tirer « les erreurs du passé ».
Place au premier débat. Entourée de syndicalistes, chercheurs et politiques, Fadela Amara, Secrétaire d’Etat à la ville, tente de dresser le bilan de 30 ans de politique de la ville. Un «échec peu contestable» selon les intervenants : saupoudrage de moyens financiers, ghettoïsation, démission de l’Etat… Chacun y va de son analyse.
Fadela Amara, elle, ne voit pas cela sous cet angle. Pour la secrétaire d’Etat, le constat d’échec est discutable : « sans politique de la ville, la situation serait plus difficile ». Elle constate la « lâcheté » de ses prédécesseurs qui « ne sont pas allés au front». Intarissable sur l’énoncé de ses combats, l’ancienne égérie de Ni putes ni soumises finit par lâcher que son « Plan banlieue » reste insuffisant.
"Les mômes du Mozambique et les mômes du Zimbabwe sont pas là pour payer le loyer du monde entier. L'exception culturelle, elle est pas politique mais à coté de l'ombrelle bien trop eurocentrique...". Pilote le Hot, slameur qui n'a pas la rime dans sa poche, contribue aux discussions à sa façon.
Problématique de la deuxième table ronde : Comment mettre en œuvre la diversité en entreprise ? Quelles sont les actions menées sur le terrain ? Soumia Malinbaum, porte-parole diversité du Medef, rapporte les bonnes pratiques (Charte de la diversité, parrainages…), appliquées par des entreprises déjà « en ordre de marche ». Car comme elle le précise, 99% du tissu économique (PME et TPE) n’est pas dans cette dynamique. « Il faut avoir les moyens et la volonté pour mener une politique diversité ! », réplique t-elle. Pour Anousheh Karvar, la CFDT, secouée par les évènements de 2005 en banlieue, a repensé son action dans les quartiers. Des partenariats et des réseaux ont été mis en place pour favoriser l’emploi.
De concert avec Ibrahim Dia, chargé de projet discrimination CFDT Pays de la Loire, Karvar définit comme nécessaire la mesure de la diversité pour combattre les discriminations. Le syndicat accueille d'ailleurs favorablement la proposition du Comedd(1) d'instituer un Rapport de situation comparée (RSC) annuel dans les entreprises, sur le modèle de ceux sur l’égalité hommes-femmes, afin de mesurer les différences de traitement selon les origines.
Une journée studieuse clôturée par le vernissage de l’exposition «Quartier sensible», proposée par l’association l’UP8 Beautiful ART [1] !
(1) Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations
Liens:
[1] http://www.up8beautifulart.com