Un film anglais dans la lignée des Ken Loach, Stephen Frears et autres ? Qui parle de milieu populaire, de jeunesse et de hip-hop ? Direction les salles obscures ! Surtout que Fish Tank, d'Andrea Arnold, a obtenu le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.
Un coin du Sud de l’Angleterre, là où la campagne rejoint la banlieue ouvrière. Là que vit Mia, 15 ans, adolescente « brute de fonderie », agressive et garçon manqué. Là que la jeune femme a poussé, seule, sans repères ni autorité. Exclue du lycée, en attente d’admission dans un centre éducatif où elle n’a pas l’intention de mettre les pieds, Mia traîne, picole… et danse. Uniquement pour elle. Jusqu’à ce que débarque Connor, le nouveau mec de sa mère.
S’il a pour décor l’Angleterre ouvrière, Fish Tank n’est pas un film social, mais le portrait sensible d’un être écorché, chrysalide en colère qui, sous ses airs maladroits et mal élevés, cherche à sourire à la vie, à s’ouvrir à la tendresse... Sans trop savoir comment s'y prendre : en s’intéressant à l’improbable jument installée dans le terrain vague d’à côté ? En tentant sa chance à une audition ? En acceptant de croire à l’affection que lui porte Connor ?
Cinéaste attachée aux histoires non manichéennes, aux gens imparfaits qui tentent simplement de s’en sortir, Andrea Arnold souligne aussi la difficulté de s’épanouir quand on est différent, petit canard un peu perdu dans une mare dont on ne maîtrise pas les règles, où règne parfois la lâcheté et l’irresponsabilité, où les autres ne comprennent pas votre langage.
Malgré tout, de lueurs d’espoir en blessures qui font grandir, Mia avance. Jusqu’à tracer, enfin, son propre chemin. Fish Tank, fil tendu d’une ado sur la brèche.
A partir du 16 septembre au cinéma.