Une culture initialement marginale peut-elle cohabiter avec le circuit artistique traditionnel? Réponse avec Make your mark.
Septembre 2007: Seen, figure du graffiti originaire du Bronx, expose pour la première fois dans une galerie parisienne. L’association Make your mark est l’artisan de sa venue. Nicolas, l’un de ses fondateurs, évoque la nouvelle dimension du graffiti: «Le marché de l’art s’y intéresse depuis environ cinq ans. Parfois par goût, souvent pour spéculer. Une toile de l’Américain Jon One s’est récemment vendue 25000 euros. Elle avait été achetée 4000 euros un an avant. Les graffeurs connaissent mal les règles du milieu : les collectionneurs le savent. Ils ont encore peu de considération pour ces artistes.» Parallèlement à cet intérêt controversé des marchands d’art, plusieurs manifestations accordant une large place au graffiti voient officiellement le jour. Un rapport inédit aux arts urbains qui suscite la critique du milieu. «Nous avons aussi nos conservateurs! explique Nicolas. Certains considèrent que la peinture d’un graff sur toile est une concession faite aux institutions. Certes, on s’éloigne des origines, mais c’est une suite logique! Le plus important: garder un esprit authentique. À la base, un artiste exerce par passion. Accepter de vendre son oeuvre est déjà une concession. Mais comment reprocher à quelqu’un de vouloir vivre de ce qu’il aime?»