En écho à la conférence de Copenhague sur l’ultimatum climatique, du 7 au 18 décembre, Respect Mag publie une série d’entretiens audio réalisés au Festival du Vent de Calvi (Corse). Premier épisode : Eva Joly, députée européenne de « Europe écologie », ancienne magistrate en charge des dossiers politico-financiers.
Pour écouter le podcast de l'interiew d'Eva Joly, cliquez ici ! [1]
Voyez-vous des avancées positives depuis le fameux Grenelle de l’environnement ?
La crise financière a fait oublier les objectifs du Grenelle. Le plan de relance a été totalement productiviste : par exemple, dans le domaine automobile, on a injecté des milliards sans aucune exigence de réduction de CO2.
Voyez-vous un avenir positif pour l’environnement à travers le sommet de Copenhague ?
La seule solution reste la négociation entre Etats, dans une dynamique de réduction des émissions de CO2. Nous n’avons pas le choix ; ne pas agir aujourd’hui est un crime contre l’humanité. Il faut se battre pour trouver un accord, le meilleur possible. Si rien n'est ratifié avec les Etats-Unis et les pays émergents, on peut espérer aboutir à un accord en 2010.
Vous espérez au moins une révolution médiatique sur le sujet ?
La prise de conscience s’accélère, mais les hommes politiques répondent beaucoup plus à leurs opinions qu’aux analyses des spécialistes.
Pensez-vous qu’un monde écologique passe aussi par l’arrêt des discriminations, des trafics d’influences, des trafics d’armes, du cautionnement politique des dictateurs africains, etc. ?
En effet. Il faut repenser tout un système, où la justice, l’égalité et le respect auraient une plus grande place.
Est-ce que justice rime avec écologie ?
L’écologie est la mère de tous les combats. Quel intérêt de léguer à ses enfants un appartement à New-York et un commerce à Paris s’il n’y a plus d’eau ni d'air ? Il faut inventer un nouveau système de gestion des biens communs dans l’intérêt de tous, et pas seulement de quelques privilégiés.
D'où vient votre vocation politique, écologique et humaniste ?
C’est avant tout un parcours et une prise de conscience. Personnellement, jusqu’à l’âge de 50 ans, je pensais qu’il y avait des personnes pour s’occuper des choses importantes. Peu à peu j’ai découvert que c’était faux, et qu’il nous appartenait à nous, simples citoyens, de dire non et de vouloir un changement. Chaque action individuelle est importante, alors je fonce.
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