Avec la mise en place d’une charte de coopération culturelle, la ville de Lyon convie tous les acteurs de la cité à tisser des liens autour d’actions pédagogiques.
Année 2004 : la mairie de Lyon, avec le soutien de l’Acsé et de la Drac, invite les institutions à se mobiliser en faveur des quartiers défavorisés. «On leur a demandé de déployer des moyens humains, financiers et logistiques, sur des projets prioritaires», explique Marc Villarubias, chef de mission coopération culturelle.Après une première expérience, une deuxième charte est mise en place en 2007. Elle présente les engagements pris jusqu’en 2009 par une vingtaine d’établissements: École des beaux-arts, Maison de la danse, Opéra national de Lyon, etc. «Hier encore, 98% du budget culture de la ville était attribué aux grands équipements. La part destinée aux quartiers représentait 0,3%, souligne Marc Villarubias. Aujourd’hui, sur vingt institutions, un tiers tient ses promesses en direction des zones prioritaires. » L’Opéra fait partie des bons élèves. Dès 2004, Serge Dorny, son directeur, crée un pôle de développement culturel. Parmi les engagements en faveur des quartiers, l’ouverture de la maîtrise (choeur d’enfants) à un public plus large, avec un recrutement spécifique. «Neuf enfants de Vénissieux [banlieue lyonnaise] sont maintenant à la maîtrise, confie Stéphanie Petiteau, chargée du développement culturel. On est attentif aux moyens mis à leur disposition, en louant par exemple des pianos quand la famille n’en a pas».
Avec le projet Kaléidoscope, l’Opéra accompagne, pendant deux ans, 21 groupes dans les quartiers. «Donner les moyens aux habitants de concevoir des mini spectacles. Une initiative de soutien à la pratique amateur», explique Stéphanie. Opérette, fable, slam, théâtre musical… Même si certains ateliers échouent, la dynamique est lancée. «On a tissé des liens avec le personnel de l’Opéra, mais aussi avec d’autres participants du projet. Une belle expérience, un défi relevé!» souligne Chérif Aissaoui,le président de Mosaïc Café, association de prévention contre l’isolement et la solitude. L’exemple lyonnais est sur le point d’inspirer d’autres villes, y compris à l’échelle européenne, selon Marc Villarubias: «Turin, Barcelone, Liège s’intéressent à la mise en place de la charte et suivent de près l’évolution des initiatives.»