Objectif ? "Mieux intégrer les enfants d'immigrés dans la société italienne et éviter qu'ils ne se retrouvent dans des classes ghettos, uniquement composées d'étrangers", a expliqué le gouvernement Italien.
“Un plafond de 30% dans les classes pour les élèves d’origine étrangère”, ont résumé les journalistes, sans pour autant avoir lu le document. Le communiqué de presse a dû leur paraître suffisant, et c’est bien dommage: la petite dizaine de pages si ardemment défendue par la ministre de l’éducation Mariastella Gelmini est un vrai chef-d’oeuvre, un monument de superficialité et d’hypocrisie.
Le ministère remarque que les élèves d'origine étrangère dans les écoles italiennes sont toujours plus nombreux. Très juste. Mais il affirme aussi que ce phénomène "conditionne négativement l'efficacité des services scolaires". Surtout, ajoute-t-il, dans les écoles avec une "concentration élevée" de jeunes issus de l'immigration.
Il n'apporte aucune donnée pour le prouver, mais il peut ainsi expliquer la crise du système scolaire italien. Ce n'est pas sur le manque de moyens qu'il faut intervenir, mais sur les classes avec trop d'enfants d'immigrés: on limite leur nombre, le niveau général de l'éducation s'améliore, et en plus ils s'intègrent !
Ce n'est bien entendu pas leur intégration qui intéresse le gouvernement, ni leurs difficultés ou leur taux d'abandon scolaire. Dans une note de bas de page, les auteurs de la circulaire renvoient à un document du Conseil de l’Union européenne de novembre 2009. Ils s’en sont inspirés, à leur manière: tout ce que le Conseil recommande, ils l’inversent. Le Conseil souligne que la présence dans les écoles de jeunes issus de l’immigration est un “atout précieux”. Pour le gouvernement italien, c’est un “problème”. Le Conseil propose une longue série de mesures de soutien à ces élèves, l’Italie s’en sort avec une formule magique liée à un pourcentage complètement arbitraire. Une formule qui, de toute façon, ne concernerait qu’un petit nombre d’instituts scolaires dans tout le pays.
Madame Gelmini assure que sa proposition n’a rien d’idéologique, mais on a du mal à le croire. Puisqu’elle aime tant les pourcentages et tient tellement à l'intégration, elle aurait dû suggérer que chaque classe accueille au moins 10% d’élèves d'origine étrangère. Le débat aurait été plus intéressant.















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