Connaissez-vous le calligraffiti ? « Un mélange entre graff et calligraphie », explique eL Seed, 28 ans. Un style qu'il développe depuis deux ans.
Mais tout a commencé en 1998, premiers coups de bombe sur les murs de la capitale. « J’ai rapidement arrêté pour certaines raisons, mais j’ai continué à peindre sur d'autres supports ». 2004 : découverte de la calligraphie arabe. « J'ai appris en reproduisant des œuvres de grands maitres comme Massoudy ou Mahdaoui ». Deux ans plus tard, départ pour New-York. « J'ai toujours eu l'impression que tout venait de là-bas. J'avais une fascination pour cette ville. A la fin de mes études, je cherchais un job sur Paris. Malgré mon expérience, les réponses étaient toujours négatives ». Sur un coup de tête, il prend un billet pour la Grosse Pomme. « En moins de 10 jours, j'ai eu deux propositions de travail : le rêve américain... » 2008 : Arrivée à Montréal et l’envie de graffer refait surface. Notamment grâce à une rencontre, avec Hest, graffeur français, également expatrié.
Il n'est plus question pour lui de "seulement" poser son blaze. « Quand j’ai commencé, comme pour beaucoup, la "notoriété anonyme" était ma première motivation. Tout le monde voit ton nom partout mais personne ne sait qui tu es… Aujourd’hui, ma démarche est totalement différente. Je peints en arabe et j'ai pris le parti de la tradition proverbiale : le nom s'efface, seul le message reste ». eL Seed développe une approche moderne et nouvelle de l'art arabo-musulman et du graffiti. Un pont entre occident et orient. « Mon attrait pour la calligraphie arabe m'a fait développer un style "street" arabe. J'ai trouvé ma vocation, précise l'artiste.
Mon art ? une main tendue vers celui qui est ouvert à mon message. L'expression d’une double marginalité : d'un art oriental en terre occidentale, et, du graffiti, qui peine à trouver une légitimité dans l’environnement artistique actuel. C'est aussi le moyen pour moi de réconcilier deux mondes, deux cultures. Sans vouloir parler au nom de qui que ce soit, j’essaie en même temps de démystifier la culture arabo-musulmane ».
Ce qui l'inspire ? L'histoire, les différentes cultures, la spiritualité et la société. Mon approche se veut réfléchie. Je peins rarement mon nom, comme on a l’habitude de le voir dans le milieu du graffiti. Je préfère calligraphier des mots ou des phrases qui ont un sens, à mes yeux ». Le jeune homme, d'origine tunisienne, ne s'est pas tourné vers la calligraphie par hasard. « Je la perçois comme l’expression tangible de mon questionnement identitaire ». eL Seed signifie l'homme en arabe et la graine en anglais.« Je suis à la recherche de mes racines, de mes origines. Je suis fils d’immigré et j’ai moi-même immigré, aux USA et au Canada. J’ai besoin de savoir d’où je viens et qui je suis ».
Pour les Montréalais : eL Seed présente Roots, du 8 au 31 janvier, au Sub -V . Plus d'infos sur l'expo






























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(1) : disponible prochainement