Presque une tradition. Depuis sept ans, "Paris Plages" prend place le long de la Seine : un mois durant lequel transats, parasols et palmiers sont de mise. Mais derrière cette ambiance balnéaire, se cache un gros travail d’organisation : installation, démontage… La mairie de Paris a donc choisi de faire appel à des salariés en parcours d’insertion pour aménager les quais de Seine. Une démarche qui s’inscrit dans la clause d’insertion sociale des marchés publics: depuis 2004, les collectivités doivent intégrer dans les chantiers un certain nombre d’heures effectuées par des personnes en insertion.
Michel, 57 ans, est l’un de ces hommes de l’ombre, les bras qui ont permis de planter le décor. Il n’en n’est pas à son premier "Paris Plage" : bientôt trois ans qu’il a rejoint Coup d’Main, une structure d’Insertion par l’Activité Economique (IAE). Choisie par la mairie de Paris pour collaborer à l’événement, l’association met à disposition de la Ville une vingtaine de manutentionnaires. Montage des stands, installation des barrières, travaux de bricolages… le travail prend "un air de vacances, estime Michel. Pas pareil que le déménagement" ! Dans une situation difficile, il a pu réintégrer le monde du travail comme déménageur, grâce à Coup d’Main. Depuis quatorze ans, l’association propose du travail à des personnes exclues du marché de l’emploi: service à la personne, travaux de dépannages, de bricolage, manutention ou administratif. Objectif : "aider un maximum les gens qui sont en difficulté aujourd’hui, pour éviter qu’ils ne tombent dans la grande exclusion, explique Jean Toussaint, président de la structure. Les gens que l’on rencontre sont à 75% des personnes immigrées, avec des problèmes d’illétrisme et de non-qualification. Donc nous avons aussi mis en place des formations d’alphabétisation". Mais les migrants sont loin d’être les seuls à avoir besoin d’un Coup d’Main : "25% des heures de travail sont réalisés par des Rmistes", souligne Jean Toussaint.
Structure d’insertion, et donc de transition, Coup d’main embauche-t-elle ses salariés pour une période déterminée?"Avant, on estimait que les personnes devaient pouvoir sortir de la structure après environ deux ans. Aujourd’hui les problèmes sont de plus en plus en difficiles, le marché de l’emploi est défavorable, donc on mise plutôt sur trois ans. Mais on accompagne jusqu’à la retraite les personnes qui ont plus de 55 ans, et donc peu de chance de trouver un emploi durable", souligne Jean Toussaint. D’autres en revanche réussissent leur insertion professionnelle. « En 2008, près de cent personnes ont fait une sortie positive : CDI, CDD de plus de six mois ou formations qualifiantes », rappelle le président. Et d’ajouter : "en travaillant, les gens reprennent place dans la société".
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