Dérives communautaristes des minorités ?
On accuse parfois de "communautarisme" ce qui relève simplement d'une organisation associative face aux discriminations. Il est parfaitement normal que des noirs, des Français d'origine maghrébine ou des homos se regroupent pour lutter ensemble contre le racisme, le sexisme ou l'homophobie. Ils réagissent à la domination et à l'exclusion. Tant que leur projet n'est pas de bâtir une société alternative où les autres (tous ceux qui ne sont pas eux) seraient dominés, ce sont plutôt eux qui luttent contre le communautarisme dominant...
La République en danger ?
Ce n'est pas parce que l'accusation de "communautarisme" est utilisée à tort et à travers qu'il n'existe pas de vrais projets communautaristes qui empruntent le langage de la revendication minoritaire pour défendre un projet de société réellement ghettoïsant et faire passer leurs contradicteurs pour des discriminants. Comme certaines associations religieuses qui voudraient mettre les quartiers populaires sous tutelle et crient à l'islamophobie si on critique leur stratégie. Ou la tribu K qui milite pour un projet de société proche du Klu Klux Klan mais inversé.
Perspectives ?
Ce n'est pas vrai que le modèle français ne propose rien. Il propose justement la loi de 1901 et le regroupement associatif. Ce n'est jamais assez. Mais Il suffit de voyager pour réaliser que c'est l'un des pays au monde où la vie associative est la plus soutenue par l'Etat, que ce soit dans le domaine de la lutte contre les discriminations ou dans celui du lien social. Aux Etats-Unis, clairement, l'absence d'un Etat fort — associé à une histoire ségrégationniste — a poussé les minorités à se regrouper sur une base communautaire essentialisée (basée sur l'identité et non le projet). En France, nous pouvons parfaitement importer le meilleur de ce mode d'organisation (la fierté, l'inventivité, la visibilité) sans tomber dans le piège consistant à mener des combats ghettoïsés et non transversaux. La lutte contre la domination et les discriminations doit rester une lutte transversale, mélangée. Elle doit continuer à réunir les minorités (homos, noirs, juifs, d'origine arabe etc) face à l'adversité au lieu de les mettre en concurrence sous prétexte d'être prioritaires dans les luttes pour la "diversité". Les noirs contre les juifs, les noirs contre les arabes... C'est ça le communautarisme. C'est la mort de l'antiracisme.





































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