Oui, et d’autant plus visibles qu’elles ont si rares ! Trois députés d’origine extra-européenne à l’Assemblée nationale (élus de l’outre-mer compris !), 4 sénateurs sur 305, pas un seul parmi les présidents de conseils généraux ou régionaux, une dizaine de maires sur 36 000, pas un seul non blanc parmi les 100 plus hauts gradés de l’Armée, une femme d’origine maghrébine parmi nos 173 ambassadeurs…
Le constat français est accablant pour une République qui se proclame « indivisible, laïque, démocratique et sociale (et) assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » (Constitution française, article 1).
Les élections régionales, en mars prochain, ouvriront-elles une porte vers un changement significatif ? La diversité, venue en France par une première mobilisation du monde économique, prendra-t-elle corps en politique ? Et, au-delà, parmi toutes nos élites, tellement coupées de nos mutations de société, à l’heure où Rama Yade est au top de la popularité parmi les citoyens de tous milieux et de toutes origines. Alors qu’on nous a tant répéter que « les Français ne seraient pas prêts ».
Un an après l’élection de Barack Obama, quelles leçons tirer de l’expérience américaine ? La question ne peut qu’être posée. Discrimination positive, voire politique de quotas : on ne peut plus se permettre de chasser ces idées à coups de « modèle républicain » sans friser le ridicule. Le temps est, au moins, venu d’en débattre, sans langue de bois. Et c’est une première : un colloque (1) ose enfin poser ces mots tabous dans notre vocabulaire afin de les confronter aux idées, évitant l’éternel contournement.
Les minorités font partie de l’Histoire de France, de sa réalité. Elles devraient en toute légitimité participer pleinement à sa dynamique. Une dynamique qu’elles portent, de plus, largement dans divers domaines : créativité, entrepreuneuriat… L’enjeu est posé : poser les bonnes questions, amorcer des réponses afin de ne plus rester dans le déni d’une contradiction tellement française : comment aimer un pays qui vous reconnaît si peu, tout en exigeant tant d’adhésion ? Une vraie question d’identité…
(1) Colloque « Minorités visibles en politique », les 11 et 12 décembre 2009 à l’École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, Salle Dussane. Organisé par Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne)
et Katherine Fleming, professeur à New York University,
 avec la collaboration de Jean-Christophe Attias. Programme complet et réservation (gratuite mais obligatoire) : www.minorites.parisduvivreensemble.org





















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(1) : disponible prochainement