Il y aurait entre 7 et 8 % d’homosexuel(le)s en France. Rapporté au lectorat de Respect mag, cela représente un total d’environ 3 000 lectrices et lecteurs homos. Est-ce que les 37 000 autres (supposés hétéros) se sentent tous à l’aise avec ça ? Vivre sereinement quand on est homo reste un pari dans notre société.
Si le citoyen a évolué, il y a toujours beaucoup d’hypocrisie de la part des acteurs politiques, économiques, voire associatifs. Rappelons-nous la levée de boucliers de lobbies politiques et religieux sur le soi-disant « statut du beau-parent », là où il n’est question que d’harmonisation dans l’intérêt de l’enfant. La discussion parlementaire est reportée à la rentrée, mais on peut s’attendre à un enterrement de première classe. Quel gâchis pour ces enfants !
Pour les couples de même sexe, pacsés ou vivant « maritalement », pour les parents biologiques ou non, la loi reste inégalitaire concernant l’adoption, les droits fiscaux et sociaux. Peuvent-ils demander un congé de paternité ou de maternité, ou être prioritaires pour les vacances comme les autres parents ? Comment vivre sans mentir sur sa vie privée dans un univers hétéro normé, imposé par l’entreprise ou l’administration, complètement inhibées sur ce sujet ? Comment se dévoiler sans être accusé de prosélytisme ? Comme si on pouvait faire de la « pub » sur son orientation sexuelle ! Pourquoi une femme doit-elle cacher son homosexualité si elle veut adopter ? Pourquoi un conseil général rejette, par deux fois, une demande d’adoption pourtant validée par la commission d’agrément, bafouant l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui avait condamné le premier rejet ? Le justifier par l’absence de figure paternelle ou maternelle est une insulte pour les familles monoparentales.
Les adversaires de la diversité ont beau jeu de parler de « communautarisme ». En n’accordant que des droits parcellaires, en refusant une complète harmonisation entre homos et hétéros, l’État favorise ce communautarisme. Les acteurs associatifs qui luttent contre les discriminations ne sont pas exempts de reproches. Peu d’entre eux manifestent une réelle acceptation de l’orientation sexuelle. Les acteurs sur le terrain travaillent leur sujet spécifique (ethnique, social, parité...) sans tenir compte des autres aspects de la diversité. Le silence des associations luttant contre le racisme après l’affaire Pape Diouf (traité de « pédé » par des supporteurs) en est une bonne illustration. Tant que l’on fonctionnera sur une norme du siècle passé, que l’on continuera à promouvoir les personnes en fonction de critères passéistes ou de l’appartenance à certains réseaux, que l’on refusera une réelle égalité de traitement entre les citoyens, on n’avancera pas.Les solutions techniques sont faciles à mettre en place, cela relève avant tout d’une démarche volontariste d’harmonisation. Encore faut-il que les principaux décideurs le veuillent réellement.
(1) Association de lutte contre l’homophobie dans le monde du travail.
























