Sept films documentaires, une ville : Marseille, comme “un rendez-vous imaginaire”. Point de rencontre entre différents univers, qui “composent une ville comme une république”. “Dockers, militants ouvriers, femmes d’une cité jardin ou habitants d’une énorme cité ghetto”, autant de personnages qui se retrouvent liés par un même constat : la cité phocéenne se transforme. Qu’il s’agise de fermetures industrielles ou de la réhabilitation de la rue la République, un quartier populaire de la ville. “Une violente opération immobilière”, selon le cinéaste Denis Gheerbrant, symbole de “la reconquête du centre ville”.
Six heures de projection. Fruit d’une vraie démarche. “Je savais que je n’avais pas envie de faire “juste un film de plus”, explique Denis Gheebrant, mais de faire du cinéma dans Marseille, de remonter des pistes, comme autant d’histoires qui ensemble allaient raconter l’histoire d’une ville”. Une mozaïque de parcours individuels, qui fondent une mémoire collective.
A travers les personnages de Roger et de Rolf, c’est l’histoire des docks qui s’écrit en filigrane. Celle d’un port, marqué par le brassage culturel, qui se transforme à grande vitesse. Du côté de la Cité Saint-Louis, on rencontre des femmes qui forment une petite société, bien décidées à lutter contre la mise en vente de leurs maisons par l’office HLM. Et puis tous les autres, Vincent, Jules et Monique, Mme Ben Mohamed, qui se défendent face aux pressions des groupes immobiliers.
Un travail de longue haleine. “Je passais d’un tournage à l’autre, parfois dans la même journée, ils se faisaient écho, nourissaient mon lent apprentissage de la ville”, raconte le réalisateur. Lui n’est pas marseillais. Il a choisi d’apprender la cité “comme un étranger”, pour mieux en saisir les enjeux : “Qu’est-ce qui fait culture commune? Mémoire commune?” Une quête qu’il a menée en solitaire. “A deux vous représentez une institution, seul vous être fragile, vous n’avez aucune autorité. Filmer seul, c’est aussi pouvoir ne pas filmer, ou filmer un rien, une tâche de soleil…”. Un regard sensible sur une ville en (perpétuelle?) mutation.
















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