De notre rencontre il y a trois ans, je me souviens d’un chapeau, sur sa tête, d’un chien, à ses pieds, et d’un regard, dans mes yeux. Intense, d’abord scrutateur (se méfiant des journalistes, toujours prêts à lui dégainer une question sur sa séropositivité), puis de plus en plus malicieux et complice, à mesure que la conversation se tisse sur le fil de l’écoute, de la curiosité et des valeurs partagées.
Mano parlant alors de son album In the garden, de son coup de gueule contre la licence globale, de ses craintes pour la diversité culturelle, du lien noué avec son public via le web, de sa maison à Pantin, avec ses potes et son jardin. Mano en session Respect Mag à la Fnac, répondant avec fougue et cœur aux questions du public. Mano à la fin d’un concert au Rex, épuisé mais ravi…
« Votre vie ne m’intéresse pas, aimait-il à dire aux gens, ou alors, dessinez-la, mettez la en musique ! » Sa vie ne nous intéressait pas, mais on aimait son univers d’artiste à vif et d’homme sensible. « Imagine un arbre planté là ; lui ne bouge pas, mais le temps passe, d’autres oiseaux s’y posent, d’autres enfants viennent y jouer. Tout change, moi je vieillis, mais je me sens bien, serein », m’avait-il confié.
Sois serein, Mano. On s’occupe de ton arbre. Nous reste ton jardin.






















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