Ange Badou, 20 ans, est un petit gars de Garges-Lès-Gonesse. Parti pour les vacances au Cameroun, il devait rentrer en France le 14 septembre. Et s’apprêtait à reprendre ses études : un bac pro en hôtellerie-restauration.
Seulement, il n’est jamais monté dans l’avion. Sa disparition signalée, les autorités camerounaises ouvrent une enquête. Résultat : rien. Aucun corps, pas de témoins, toutes les pistes restent ouvertes : noyade, enlèvement, fugue, sorcellerie... La famille fait d’emblée face à un mur administratif doublé de soupçons sur la nationalité d’Ange. Le consulat français au Cameroun demande à la famille de prouver qu’il est bien français. « Des Camerounais qui disparaissent au Cameroun, il y en a tous les jours », aurait répondu l’Ambassade de France au Cameroun à Ekia, la sœur du jeune homme. « J’ai été très choquée. Mon frère est français, pas camerounais ». Aujourd’hui, elle voudrait qu’on arrête de parler de couleur : « A un moment, on s’est senti négligé, pas pris au sérieux. Comme si on était "français, mais"... Maintenant, j’ai l’impression que notre détresse a été entendue. On a perdu assez de temps avec cette histoire de pièce d’identité. C’est une affaire réglée ». L'affaire ne trouve pas un grand écho dans les médias, exceptée sur internet, via Facebook. Avec le rassemblement de samedi, Ekia espère interpeller les autorités françaises, pas très réactives pour le moment.
Celles-ci expliquent ne pas pouvoir intervenir dans les affaires camerounaises. Ce serait considéré comme de l’ingérence. Dans le même temps, le procureur de la République de Nkongsamba (à 200 kilomètres au nord-ouest de Douala) affirme que ses moyens étant limités, que l’aide française serait bienvenue. « On aimerait voir du concret, poursuit Ekia. Qu'il y ait une mutualisation des moyens humains et techniques pour retrouver Ange. Nous n’exigeons pas l’aide de la France, nous la demandons ». Ekia est déterminée à retrouver son frère. « Je voudrais préciser que je n’ai pas de haine envers la France, comme certains ont voulu le faire croire. On ne veut pas se faire passer pour des victimes de racisme ou insulter notre pays. On n’est pas des complexés, on n’a rien à prouver. Si ce n’est que le Cameroun N'EST PAS le pays de mon frère ».





















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