Quand Sumon débarque en France en juillet 2009 pour mener son enquête, dans le cadre d'une bourse Eurasia-Nets, il ne s'agit pas d'un simple scribouillard en goguette : correspondant en Inde de CNN-IBN sur les questions de politique intérieure, le gaillard est un journaliste reconnu, plusieurs fois nominé pour la qualité (et l'impact) de son travail... Objectif de sa présence à Paris : mettre en perspective la situation des minorités en France, les politiques d'intégration et le rôle des médias dans leur place et leurs représentations.
Dès l'introduction, le journaliste met les pieds dans le plat, saisissant d'emblée qu'il est temps pour la France de "sortir des approches cosmétiques pour s'attacher à résoudre concrètement les problèmes et les besoins de ces populations." Pour mener son analyse et formuler ses conclusions, il s'appuie sur l'interview d'une centaine de journalistes, professionnels des médias, chercheurs, sociologues, activistes, responsables institutionnels, activistes...
Comment améliorer la visibilité des minorités ? Comment tordre le coup aux perceptions négatives ou tronquées ? Quels en sont les fondements ? Dans son rapport, Sumon explique les enjeux, souligne le contexte, rappelle les fondements historiques des migrations en France et des politiques d'intégration. Un travail très documenté, résumant de manière claire une histoire que bien des Français ignorent !
En filigrane, il pointe qu'il ne s'agit pas d'un "problème d'intégration culturelle, mais économique et sociale", d'un pouvoir confiné entre les mains d'une élite blanche pas très encline à ouvrir les portes à d'autres, ni à reconnaître qu'elle a pendant des années laissé toute une partie de sa population pour compte... Du déni de la France envers ses minorités au débat actuel sur la burqa, Sumon s'interroge sur le "voeu pieux" des valeurs républicaines et la nécessité de revoir les notions d'égalité et de laïcité dans une perspective plus moderne et plus adaptée à la diversité actuelle de la société, sans omettre de souligner les avancées : nouveaux visages médiatiques, ouverture progressive des formations de journalistes...
Intéressant pour le moins de constater que la communauté journalistique nternationale s'intéresse au cas français. Politiques, patrons de presse, donnons l'exemple : le monde nous à l'oeil ! Prouvez-le que la France, après des années de torpeur princière, peut à nouveau être révolutionnaire !






















