Je vous écris de Gaza...
Ils nous assiègent depuis des mois ; ils ont coupé l’électricité, ils ont fermé les frontières, ils ont tué, ils ont détruit, et c’est le rendez-vous avec une nouvelle souffrance : pénurie d’essence. Voilà presque deux semaines qu’on n’est pas allé à l’université à cause de cette crise qui paralyse la vie de Gaza. Maintenant nous pensons mille fois avant de sortir de chez nous.
L’occupation essaye de nous priver de notre droit à l’éducation, mais on insiste et on insistera toujours pour conserver ce droit sacré. L’éducation, c’est sortir de la fermeture qu’on vit actuellement, en cherchant et en réfléchissant. C’est une ouverture sur beaucoup d’horizons. Moi, par exemple, en étudiant à l’université la langue française dans laquelle je vous écris, je peux m’exprimer librement, communiquer avec d’autres francophones, échanger des informations, des connaissances, des opinions.
Personnellement, je vis des moments de solitude et de tristesse lorsque je ne peux exercer mon droit d’aller à l’université, de rencontrer mes amies, de suivre les cours pour apprendre la langue que j’aime.
C’est comme ça que les jeunes de monde entier vivent ?!
Je vis des moments de colère parce que je suis obligée de rester chez moi, sans autre raison que le bon vouloir israélien. Qui peut supporter ça ?
Les occupants doivent comprendre que tout ce qu’ils font pour nous étouffer est vain, qu’on ne cède pas facilement. C’est vrai, ils ont le pouvoir de nous interdire de nous déplacer, mais nos esprits restent libres... Tant qu’on a des cœurs plein d’amour, des visages souriants et des yeux pleins d’espoir, personne ne peut nous emprisonner, personne ne peut nous faire taire, personne ne peut nous interdire de crier, d’affirmer qu’on va continuer malgré tout... C’est pour ça qu’on va reprendre les cours, montrer qu’on reste à l’hauteur de notre cause, qu’on est prêt à se battre pour obtenir notre droit légitime à une vie normale, rien de plus. Je suis heureuse de reprendre les cours ; le département de français a tellement oeuvré pour ça, dans une période difficile de blocus et de crise humanitaire dans la bande de Gaza...
Quels moyens reste-t-il au gouvernement pour nous pourrir la vie ?
S’il pouvait voler l’air pour nous empêcher de respirer, il n’hésiterait sûrement pas ! Face à toutes les mesures injustes infligées aux Palestiniens, je souhaite adresser un message de résistance, de patience et de victoire. Voilà donc les quelques mots d’une jeune étudiante à Gaza à qui il ne reste que son stylo, mais qui n’arrêtera jamais d’écrire pour la Palestine et de dire son espoir d’un lendemain meilleur !
Nariman Ghanem

Ode à...
Je suis un pays sans loi
Je suis un peuple sans roi
Je suis un jardin sans fleurs
Je suis une rose sans odeur
J’étais emprisonné sans liberté
Les jours ne sont pas passés
J’ai pensé que la vie s’était arrêtée
Mais grâce à toi, elle a commencé
Le jour était comme le soir
La feuille blanche comme la noire
Je vis avec votre histoire
Je résiste grâce à ton espoir
Ma mère, tu es l’ange dans ma vie
La bougie qui allume ma nuit
Grâce à qui j’ai réussi
Ma mère, pour moi tu es :
Le soleil qui embrasse le matin
Tu es une source de tendresse sans fin
La lune de mes soirées
Pour toi l’amour est né
Youssef Kuhail























