Le jour où Dieu est parti en voyage… Jacqueline s’est planqué au grenier. Début du génocide rwandais. Aidée par la famille belge pour laquelle elle travaille, la jeune nourrice se cache dans le faux plafond de leur maison. Eux retournent en Europe. Dehors la violence gronde, l’horreur couve. Jacqueline attend, seule. Un jour ? Deux, trois ? Malgré la terreur, elle finit par sortir, guidée par une obsession : trouver ses enfants. Sont-ils vivants ? Cachés ? Parmi les cadavres, elle retrouve leurs corps. Avant de pouvoir les enterrer, elle se fait chasser de son village et part se réfugier dans la forêt.
Basculement aux frontières de la folie. Avec ses enfants, Jacqueline perd la parole. Oscille entre instinct de survie et désir de mourir. Dans ce long métrage, (très) peu de dialogues. Et pourtant… on se retrouve embarqué dans le drame de cette femme, incarnée par la talentueuse Nuth Nirere. Jusque dans la salle de ciné, la tension est palpable. Le jour où Dieu est parti en voyage est un film brut : « pas d’historique, pas de préambule ». Juste la survivance d’une femme au cœur des massacres.
«Le film n’est pas une reconstitution du génocide, souligne Philippe Van Leeuw, le réalisateur. Je voulais qu’il soit entièrement dédié aux survivants». D’où cette caméra « discrète », cette violence omniprésente mais jamais montrée. Et des acteurs choisis sur place : « Il fallait que cette souffrance soit ressentie de manière authentique, qu’elle puise elle-même dans son vécu. Qu’elle soit une rescapée du génocide ».
Une exigence de justesse d’autant plus forte que le film « s’inspire d’une histoire vraie », celle de la nourrice de deux amis du réalisateur. « Relater son drame me permet d’imaginer qu’elle est peut-être toujours en vie», confie Philippe Van Leeuw. Il revient sur la passivité du monde, qui a laissé l’horreur se produire : « J’ai assisté comme l’humanité entière à un génocide qui a duré à peine trois mois. Et comme la plupart d’entre nous, je me suis trouvé impuissant, incapable d’agir ». Habité par cette idée, il a pris sa caméra, réalisé un film. «Pour conserver et transmettre la mémoire du génocide ».
Le jour où dieu est parti en voyage, de Philippe Van Leeuw. En salle à partir du 28 octobre 2009.
A lire : Entretien avec Philippe Van Leeuw
www.lejouroudieuestpartienvoyage-lefilm.com






















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