Longtemps oubliées par la politique culturelle, les cultures urbaines sont depuis deux ans l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. Octobre 2006 : l’événement «Rue» au Grand Palais, étalé sur trois jours, rassemble plusieurs grandes figures du mouvement hip hop. Initié par Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture et de la Communication, ce projet inédit souhaite impulser «une reconnaissance qui doit se développer à la hauteur des enjeux et de l’ampleur du phénomène». Peu après, un rapport commandé sur ce thème est remis au gouvernement. Les Drac (directions régionales des affaires culturelles) servent de relais sur le terrain.
En hausse durant l’année 2006,les manifestations faisant la part belle aux cultures urbaines atteignent un niveau sans précédent en 2007 et 2008. Entre autres, le festival Paris hip hop, organisé par la radio, Générations 88.2 (dont le directeur, Bruno Laforestrie, a participé à la mission ministérielle évoquée cidessus) a rassemblé en 2008 pour sa troisième édition plus de 30000 personnes. Mis en place avec l’aide de la mairie, un événement de cette envergure, en plein coeur de la capitale, paraissait impensable il y a encore quelques années. La province, elle aussi, profite de cette effervescence, soit directement soutenue par des pouvoirs publics, soit favorisée par eux.
Un changement de cap qui fait suite aux révoltes sociales de novembre 2005. Le lien est vite établi. Motivée par des raisons essentiellement politiques, cette mise en avant, réclamée par certains depuis longtemps, réjouit plusieurs acteurs du milieu. Ces derniers se félicitent des retombées, notamment sur le plan économique. D’autres protagonistes n’hésitent pas à évoquer une récupération qui précipite la fin d’une époque. Le rap, branche la plus visible du domaine (et la plus rentable!) n’a cependant pas attendu le contexte actuel pour être dénaturé par l’industrie musicale… Cependant, quelques disciplines échappent à la règle et continuent à fabriquer du rêve: le graffiti par exemple, qui déchaîne toujours les passions, ou encore le nouveau style de littérature popularisé par Rachid Djaïdani et Faïza Guène, plein de promesses pour le futur.Entre reconnaissance artistique et souci de développement, les cultures urbaines, près de vingt ans après leur apparition, trouvent peu à peu leur place en


















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