New York, octobre 2008. Un festival met à l’honneur, pendant près d’un mois, les cultures urbaines francophones. De la musique avec Les Nubians ou La Caution, des films comme Ma 6-T va crack-er ou La Graine et le mulet, le Pockemon Crew pour la danse, l’expo (entre autres) des graffs de Fabien Verschaere... L’initiative de quelques activistes de la contre-culture? Non! L’événement est porté par les services culturels de l’ambassade de France et l’Alliance française.
Finies les conférences soporifiques sur des auteurs oubliés, exit les interminables rétrospectives sur d’obscurs cinéastes de la Nouvelle Vague! Les institutions hexagonales semblent se tourner vers la jeune création. «Le béret, les Gauloises, les poètes maudits… Aux États-Unis, la culture française demeure souvent perçue à travers un filtre, par un public qui préfère Amélie Poulain à des réalités parfois moins glamour, analyse Stève Puig, professeur de français à Hunter College (New York). En adoptant l’angle des cultures urbaines, le festival a dissipé certains a priori qui font croire à l’Américain moyen qu’Édith Piaf est toujours au sommet des hit parades!»
«La culture française ne se cantonne pas au Louvre et à Versailles», commente Claude Grunitzky, co-programmateur du festival et rédacteur en chef de Trace Magazine. «La France abrite une scène urbaine très vivante. Il était temps de la faire connaître aux Américains. Les parrains Vincent Cassel et Melvin Van Peebles ont servi de chevaux de Troie pour accrocher le public new-yorkais à une programmation transculturelle et métissée», précise-t-il. Pour Amaury Laporte, attaché aux services culturels de l’ambassade de France à New York, «l’événement a aussi révélé le dynamisme des banlieues françaises.» Stève Puig confirme: «Les étudiants de Medgar Evers College (Brooklyn) ont découvert que les aspirations et les activités des Français de banlieue n’étaient pas éloignées des leurs, nourries de rap et de breakdance.»
Nikkfurie, du groupe La Caution, se félicite de l’initiative. «Les institutions françaises ont mis du temps à découvrir la jeune création urbaine. Elles rattrapent leur retard. Tant mieux: beaucoup de talents méritent la lumière!» Pour La Caution, au-delà du rôle d’ambassadeur de la culture française à l’étranger, c’est l’expérience artistique qui prime: «L’acuité musicale des Américains nous a toujours intrigués. Cette invitation nous a permis de l’expérimenter. Nos trois lives (au Joe’s Pub, au Hiro Ballroom ainsi qu’au prestigieux Blue Note Jazz Club) étaient uniques. Dans la carrière d’un groupe, ce sont des moments forts.»

























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