Comment la danse est-elle entrée dans ta vie ?
Un peu par hasard. J’étais en colonie de vacances avec des potes qui faisaient du breakdance, et j’ai commencé à danser avec eux. Je devais avoir quatorze ou quinze ans.
Ce qui t’a plu ?
La liberté. Dans le break, il y a des bases, mais aussi la possibilité d’adapter nos mouvements. J’ai pu créer mon propre style, imaginer des figures, les tester dans les battles : c’est ça que je kiffe le plus.
Comment as-tu intégré ton handicap ?
Naturellement. Je me suis dit : « je ne danse pas comme les autres », donc à moi de trouver mon style, mes repères.
Tu as déjà ressenti des limites ?
Non, j’ai les ai toujours repoussé. Pour moi, c’est un challenge. Si je ne peux pas faire comme ça, je vais essayer de trouver une autre façon d’arriver à ce que j’aimerais. Par exemple, là, j’essaye de faire la vrille, et je travaille à fond pour trouver des techniques qui me permettront d’y arriver. Mon handicap, j’en ai fait un style.
La réaction des gens ?
Ça crée la surprise. Quelque part je pense que ça leur plaît, parce qu’ils ne s’attendent pas à ce que je danse de cette manière. En fait, c’est plutôt positif. Pour moi aussi, d’ailleurs... Les gens sont contents, émerveillés de voir comment je danse, et ça me fait plaisir. Je n’ai qu’une envie : m’entraîner encore plus, pour qu’ils soient encore plus fiers de moi !
Le break a-t-il changé ton propre regard sur toi ?
Ça m’a confirmé qu’il faut toujours se battre. Essayer d’être là, de kiffer la vie à fond. Tout n’est pas morose. Même si parfois c’est chaud, faut se relever.
La danse, c’est quoi pour toi ?
Ma passion, mon kif, quelque chose qui me met bien. C’est mon mode de vie. Je vis à travers elle, et elle m’apporte beaucoup. Quand je danse, je suis fier de ce que je fais, c'est du plaisir, je suis heureux... Donc je suis heureux avec les autres. Ça m’a aussi donné l’occasion de découvrir des gens, de partir dans de nombreux pays, voir d’autres cultures. Une certaine ouverture d’esprit. Ça m’a permis d’aller plus loin dans ce que je fais, de me construire.
Ton meilleur souvenir ?
Quand je suis parti au Cambodge, mon pays natal. Là-bas, le hip-hop n’est pas trop développé : quand j’ai dansé, les gens ont halluciné ! Ils ne savaient pas ce que c’était, et les tout-petits regardaient ça avec des yeux... Trop bien !
Ton rêve ?
Il est en train de se réaliser. C’est la danse, et je suis danseur.
Prochaine étape ?
Je ne sais pas trop, en fait. (rires) La danse, la danse... et la danse ! On verra bien ce qui se passera plus tard, je prends la vie comme elle vient !
L’endroit où tu aimerais danser par-dessus tout ?
Dans l’espace ! Ou dans les grands monuments, ça serait mythique !
























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