Le syndicat entend sensibiliser dans et devant les établissements, via «une campagne choc»: afiches, stickers, spots radio, clips vidéo et distribution de tracts à la sortie des cours. Des tables rondes et des débats sont aussi prévus. Coté web, un site internet est dédié à la campagne. Et un sondage, « pour lancer le débat et faire un état des lieux sur les mentalités et les préjugés vis-à-vis de l’homosexualité », explique Hélène Himmer, Vice-présidente du syndicat. Résultats et conclusions de l’enquête : le 17 mai, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie.
Le projet est né lors du dernier congrès du syndicat étudiant, fin mars, à Lyon. « On s'est rendu compte que l’orientation sexuelle posait un réel problème, affirme Hélène. Des jeunes assument fièrement, en public, qu'ils sont homophobes ». « Les insultes "sale pédé, tapette, gouine, camionneuse" sont devenues banales », précise Toufike Mohamed, nouveau président de la FIDL, en 1ère ES à Douai. Contrairement aux idées reçues, l'homosexualité chez les jeunes, et particulièrement au lycée, reste taboue.
«L'homosexualité n'est pas un problème, l'homophobie en est un»
« On demande que l’orientation sexuelle soit abordée au sein de l’école et intégrée dans les programmes scolaires », affirme Hélène. Antoine, 17 ans, victime de moqueries et d’insultes homophobes dans son précédent lycée tient à rappeler « qu’on parle de racisme mais jamais d’homosexualité à l’école ». Pas d’information, ni d’intervention en classe autour de cette question. Pour Hélène, les profs ont un rôle à jouer.« Il faudrait plus de psychologues et du personnel à l’écoute, pour éviter les violences qui amènent à l’exclusion et l’isolement ». Benoit, 19 ans, étudiant à Paris, a changé d'établissement suite à des insultes et un "harcèlement par sms". « C’était très lourd au quotidien. Je n’en pouvais plus de me faire traiter de "sale pédé" ou de "salope". Au bout d'un moment, j'ai commencé à avoir peur. Je recevais des menaces par téléphone et en cours ».
Dans la sphère familiale, la situation n’est pas plus glorieuse, pour certains. Le nombre de jeunes, mis à la porte par leurs parents ou qui fuguent, suite à des violences, verbales ou physiques, subies à la maison, augmente, d'après les responsables du Refuge, partenaire de la campagne de la FIDL. Cette association est la seule structure en France, conventionnée par l'Etat, à proposer un hébergement temporaire et un accompagnement social, médical et psychologique, aux ados et aux jeunes, victimes d'homophobie.






















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