11 février 2005 : la loi pour l’égalité des chances et des droits des personnes handicapées est adoptée. Emploi, citoyenneté, éducation : le texte ne laisse rien au hasard. Il réaffirme « le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire ». Autrement dit, tout enfant doit pouvoir être scolarisé en priorité dans son école de quartier, quel que soit son handicap. « Une bonne loi sur le principe, estime Benoît Virole, psychothérapeute. Mais je suis plus réservé sur son application systématique, préjudiciable dans deux domaines : la surdité et l’autisme ».
Monsieur et Madame Coulombe en ont fait l’expérience. Leur enfant, sourd, a été en intégration pendant des années. Le résultat : « échec scolaire, solitude, moqueries ». Généraliser une solution sans tenir compte des spécificités de chacun a-t-il un sens ? « Le texte parle de scolarisation, pas d’intégration. Et il ne globalise pas le handicap », se défend Patrick Gohet, délégué interministériel aux Personnes handicapées. L’absence de solution face à certaines situations ? « Ce n’est pas la loi qui en est responsable, mais la façon dont on l’applique », souligne-t-il. « Pas assez de moyens mis en place, confirme Marie-Jeanne Bouchet-Braunstein, présidente du Collectif pour une intégration scolaire individualisée (Cisi). Mais on est dans la bonne direction. On sort de la politique d’exclusion qui prévalait jusque-là ». Rentrée 2008 : plus de 170 000 élèves handicapés sont scolarisés en école ordinaire, 31 % de plus qu’il y a quatre ans.
Pourtant, des questions subsistent : accessibilité, encadrement, désarroi des enseignants. « Le handicap ne fait jamais plaisir : ni aux personnes concernées, ni à leurs proches, ni aux profs, reconnaît Pascal Martin, directeur adjoint de la délégation parisienne de l’Association des paralysés de France. Le premier défi de l’Éducation nationale était l'émergence d'une élite, et ensuite l'accueil du plus grand nombre. Aujourd’hui, elle est interrogée sur sa capacité à intégrer les élèves avec leur singularité et à proposer des parcours personnels d’accès aux savoirs.» Une question qui concerne toute la société.
























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