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Les secours "peinent à s'organiser", "La colère monte face à (…) une aide internationale trop lente", l'aide est "insuffisante"... La presse se montre très critique à l'égard de l'aide humanitaire qui se met en place à Haïti et qui provoque la polémique.
Un tsunami bis se profilerait-il? On montre en tout cas déjà du doigt des problèmes de coordination qui, en 2004, avaient empêché une partie de l'aide d'arriver là où elle aurait dû.
Mais peut-on, dès maintenant, juger le travail des organisations humanitaires? Et surtout, est-il vraiment réaliste d'exiger une réponse plus rapide et efficace qu'elle ne l'est déjà?
"Il est trop tôt pour parler de dysfonctionnement", tranche Philippe Ryfman, chercheur spécialisé dans l'humanitaire. "La catastrophe subie par Haïti est hors-norme, il y a des contraintes logistiques très particulières, propres à Haïti et à ce séisme." Et c'est sous cet éclairage qu'il convient de juger l'aide humanitaire qui s'organise comme elle peut.
Une catastrophe inédite
Par rapport à d'autres pays victimes de catastrophes, Haïti souffre déjà de plusieurs "handicaps" de base. En tant qu'île, elle est plus difficile d'accès, on ne peut l'atteindre que par bateau ou par avion. Son pouvoir politique est faible, l'extrême pauvreté et les infrastructures plutôt précaires: difficile de s'organiser dans ces conditions.
Le séisme du 12 janvier a amplifié tout cela: l'Etat s'est effondré, une grandes parties des infrastructures, comme les hôpitaux, sont hors d'usage et l'accès s'est encore restreint.
A l'heure actuelle, le port ne fonctionne plus et seule une piste de l'aéroport de Port-au-Prince est utilisable. Ajoutés à un bilan humain considérable, ces facteurs font de ce séisme une catastrophe sans précédent.
L'accès reste le principal souci des secours, qui ne manquent pas de ressources pour venir en aide à la population. "L'île ne possède pas suffisamment de camions pour acheminer les denrées, explique Philippe Ryfman, des stocks restent bloqués à l'aéroport". C'est sans compter les routes obstruées par les décombres, qui compliquent encore la situation.
Des progrès depuis le tsunami
Mais en terme de coordination, des progrès ont été faits depuis la pagaille de 2004. Après le tsunami, les Nations Unies ont mis en place un dispositif de coordination d'aide humanitaire.
Elle s'est immédiatement activée après le séisme et a évité certains dysfonctionnements qui s'étaient produits en 2004. "Avec le tsunami, il y avait eu une arrivée massive de gens et d'organisations pleins de bonne volonté, mais qui n'avaient pas les compétences nécessaires. Cela a créé des embouteillages dans le système d'assistance aux populations. C'est un problème qu'il n'y a pas pour l'instant à Haïti."
Ce dispositif de l'Onu n'est toutefois pas le seul à porter secours à Haïti: la présence des Etats, et notamment des Etats-Unis, court-circuite son leadership. "Le choix des priorités des aides ne dépend pas de ce dispositif, spécialisé dans ces questions, mais des Etats-Unis, qui contrôlent l'aéroport."
On sait pourtant que la multiplicité des acteurs était en partie responsable de la désorganisation du tsunami.
"Ce qui me surprend, c'est qu'on n'a toujours pas construit de pistes d'atterrissage provisoire, pour augmenter les capacités aériennes, comme on le fait en temps de guerre. Ca pose des questions." Il faudra donc encore quelques semaines avant de pouvoir évaluer l'efficacité de l'aide humanitaire par rapport à toutes ces contraintes.
"On voudrait que l'aide arrive le plus tôt possible sur le terrain. Mais rétrospectivement, si l'on compare aux catastrophes passées, on est de plus en plus rapides. Mais les gens sur place n'en ont rien à faire de ce type d'analyses. Au bout de trois jours, ils commencent à mourir de soif."






















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