Disparitions, exécutions, corps torturés, mutilés. Sur simple dénonciation d’un voisin, une mère voit son enfant enlevé sous ses yeux (enfant qu’elle ne reverra jamais), un père assiste à l’exécution de son fils, devant sa porte.
Dans Une affaire de nègres, Osvalde Lewat, journaliste et documentariste camerounaise, part à la rencontre des familles des victimes. « J’ai fait ce film pour que cette histoire soit connue au Cameroun et au-delà », explique-t-elle. Pour que les familles des victimes qui ont subi une parodie de procès, aient enfin accès à la parole ».
Au total, plus de 1500 personnes sont mortes sous les balles et les coups de cette brigade de choc. Témoignage après témoignage, on découvre le cauchemar des habitants de Douala. Dans cette affaire, pas de présomption d’innocence, pas d’enquête, pas de procès ni de jugement. Et pas de deuil possible pour les parents des disparus.
Une affaire de nègres dresse le consternant constat de la capacité de l’homme à sombrer dans l’horreur et à oublier les droits fondamentaux de son prochain.Sans jamais tomber dans le pathos, le documentaire lance aussi un appel à la citoyenneté. Il rappelle que les militaires mis en cause n’ont jamais subi aucune sanction et que les autorités camerounaises, tout comme la communauté internationale, se sont fait bien silencieuses durant et après ce sordide épisode.
Respect à Osvalde Lewat pour avoir brisé le silence, afin que cette tragédie humaine ne demeure pas qu’"une affaire de nègres"..
En salle depuis le 23 septembre.






















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