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Graffiti : la parole à JonOne

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14 Juillet, 2009
Par: Leïla Haddouche

JonOne, artiste graffeur et peintre reconnu originaire de New York, expose actuellement ses œuvres à la Fondation Cartier (Paris). Chez JonOne, les graffitis sont une obsession. Ses œuvres en sont le reflet et les Français adorent. Petit entretien avec un des pères de l'art urbain.

Ça te fait quoi d’exposer à Paris?

C’est un honneur et une réussite, parce que pour moi, les Français savent vraiment apprécier ce type d’art. J’espère leur apporter autant qu’ils m’apportent.

La première fois que t’as vu des graffitis en France, tu t’es dis quoi?

«Waou, c’est quoi ça? Ces gens ont du talent!» Je me suis demandé quelles étaient leurs motivations, si elles étaient similaires à celles qui ont sous-tendu l’émergence de la culture hip hop aux Etats-Unis. A New York il y a 25 ans, nous avons développé notre propre danse, notre propre musique aussi. Et cet art nous parlait. Les premiers graffeurs de Paris et sa banlieue n’avaient pas les mêmes raisons de s’exprimer que nous. Eux aussi ont créé leur propre culture, en marge du système établie Ils avaient un certain recul par rapport à notre travail : ils en ont gardé le meilleur, ont composé les couleurs. Leur inspiration était différente de la nôtre; cela a fait évoluer la culture.

Comment vois-tu l’avenir du graffiti?

Je ne sais pas vraiment. Notre travail est reconnu: on fait des expos dans des lieux prestigieux, les portes s’ouvrent, contrairement à il y a dix ou quinze ans. De mon point de vue, cet art va continuer à progresser. Nous avons fait l’effort de nous ouvrir aux autres types d’art. A eux de s’intéresser à nous. Nous leur apportons une fraîcheur, une vérité. Contrairement à certains artistes, nous ne sommes pas difficiles à approcher: on vient de la rue, c’est notre école supérieure.

L’avenir du hip-hop ?

Je ne suis pas du tout dans ce milieu: je suis peintre avant tout. J’ai 45 ans, je suis quelqu’un de vivant, qui évolue tout le temps, au gré des expériences qui me nourrissent. J’arrêterai d’évoluer le jour de ma mort!

Exposition « NÉ DANS LA RUE » à la Fondation Cartier jusqu'au 29 novembre 2009.
 

 
P_Jonone
P_Jonone
Jonone devant une toile qui porte (des centaines de fois) son nom !
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