Pourquoi ce DVD ?
Beaucoup de gens évoquent notre histoire sans connaître l’objectif originel du gang, son esprit. Nous avons voulu combler cet oubli. À la base, les Black Dragons sont tout sauf une bande de voyous. Il faut le savoir !
Comment est né le gang ?
Il a été créé aux États-Unis pour lutter contre le Ku Klux Klan. En 1983, le fils d’un des fondateurs, Yves « le vent », s’est installé en France. En découvrant les attaques racistes des Skinheads, il a créé sa propre branche des Black Dragons, toujours dans l’esprit des arts martiaux. Lui-même professeur de kung-fu, il enseignait des règles strictes : pas d’alcool, pas d’agression, lutter contre le racisme et la délinquance. Bonne cause quoi !
En quelle année as-tu rejoint les BD ?
En 1986. Un jour, j’étais dans la rue avec un ami, en train d’effectuer des mouvements d’arts martiaux. Un type s’arrête et nous propose de rejoindre un groupe d’entraînement. Arrivé au parc de Nanterre, le lieu de rendez-vous, j’aperçois 200 Noirs torse nu en train de taper du karaté ! Le gars nous dit : « Ici, ce n’est pas un club d’arts martiaux mais un gang. On chasse les crânes rasés. Si vous adhérez, revenez ! » Je n’ai pas hésité longtemps. À l’époque, les Skinheads balafraient des femmes enceintes ! Peu après, j’effectuais ma première descente avec les Black Dragons. On portait tous la même tenue : Doc Martens, pantalon et bombers noirs, avec l’insigne du gang.
Votre action a ensuite dérivé…
Au bout d’un moment, gérer plus de six cents personnes est devenu impossible pour Yves « le vent », notre chef. Une génération est arrivée, avec un état d’esprit à mille lieues des arts martiaux –critère au départ essentiel pour entrer dans les BD ! Certains ont touché à la drogue. Lorsque les embrouilles ont commencé avec d’autres gangs, l’engrenage de la violence s’est enclenché. Pour prendre mes distances, j’ai créé une section junior des BD composée de cent membres. De 92 à 97, je leur ai enseigné ce que je savais sur les arts martiaux. Résultat : aucun n’est allé en prison.Aujourd’hui ?
Il existe toujours un noyau dur de 40 piliers. Le gang est en sommeil, mais nous sommes là. Si c’était à refaire, je ne retiendrais que notre lutte antiraciste. Pour le reste, ç’a été un énorme gâchis. On aurait dû politiser le mouvement. Au lieu de ça...























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(1) : disponible prochainement