Comment fait-on pour devenir la première femme gondolière de l’histoire à Venise ?
Tout a commencé il y a douze ans. Comme tout gondolier, j’ai suivi une formation de trois ans auprès de la Fédération. Malheureusement j’ai échoué à l’examen final. Ou plutôt, disons que le jury a tout fait pour… La communauté des gondoliers n’est pas encore prête à accepter une femme dans ses rangs ; sans diplôme, je suis tenue à l’écart.
Comment peux-tu malgré tout exercer ?
La loi vénitienne me le permet, à la condition que je sois rattachée à un hôtel. Mon patron me soutient, malgré le poids de la tradition. Ce qui n’est pas du goût de mes « copains » de la Fédération, qui m’envoient dès qu’ils peuvent la police aux trousses, sans résultat !
Tu as déjà eu des problèmes avec les gondoliers « officiels » ?
Ils m’attaquent verbalement, généralement quand je suis avec des clients. En décembre dernier, alors que je conduisais une jeune mariée à la mairie, j’ai été insultée par un collègue… Pas de chance pour lui, ma passagère était journaliste. L’histoire s’est retrouvée à la une dès le lendemain ! J’essaie de ne pas me laisser atteindre par cette agressivité et de machisme.
Les habitants de Venise, ils en pensent quoi ?
Ils se sont fait à l’idée d’une femme à la barre. La plupart savent que le métier de gondolier est en train de disparaître. Ma présence n’aggrave en rien cette situation, au contraire. Je crois qu’on n’a jamais autant parlé de cette profession !























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