Moi, ça me plait comme thème, l’identité nationale. Ça secoue les neurones. En plus, à Respect Mag, ça fait quand même six ans qu’on en parle de cette identité ! Ce que j’aime moins, c’est d’entendre conclure le débat avant qu’il ne soit ouvert. Le ministre nous dit que le but, c’est d’être fier d’être français. Or, la fierté, c’est une approche… Mais ce n’est sûrement pas la seule. Ouvrir un débat pose une certaine exigence d’idées, de points de vue, de visions. Ouvrir un débat, c’est accepter (mieux : souhaiter, impulser) une confrontation. En quoi le sentiment de fierté devrait-il faire l’unanimité ?
Pour ma part, l’enjeu ne se situe pas du tout dans le partage d’une fierté, mais bien plus dans le fait de s’aimer comme Français. Alors ai-je ma place dans ce débat ou pas ? Et si je n’en ai pas, est-ce un débat ? Pour s’aimer, oui tout simplement s’aimer (ni plus, ni moins), il ne faut pas se sentir morcelé, mais entier. Et pour se sentir entier, il ne faut pas mythifier une partie de soi-même au détriment d’une partie cachée. S’aimer, c’est accepter ses lumières comme ses parts d’ombre. C’est avoir un regard sur ses erreurs, sur ses crimes même, sans se réduire à eux, mais sans avoir peur de dire, de transmettre. C’est comprendre qu’une identité est le fruit de drames, comme de passions.
(1) Amin Maalouf, Les identités meurtrières.




































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