Quand tu es partie à New-York, tu savais déjà que ton album aurait des sonorités urbaines ?
Je savais que cette ville allait forcément m’influencer et m’apporter une énergie spécifique. Au quotidien, je savais que ça allait se ressentir dans le son et ma manière d’écrire. Mais ce n’est pas pour cela que je suis partie vivre à New-York. J'y suis d'abord allée en vacances, puis j’ai eu envie de rester : je m’y sentais très bien. C’était juste une curiosité personnelle. Le disque est plutôt une conséquence de cette expérience. Pour moi, on ne vit pas des choses dans le but de faire un disque. On vit, et ensuite on observe les conséquences musicales !
Dans « The Big Machine », il y a comme une dichotomie entre une sensibilité intérieure, portée par les textes, et la dureté du monde extérieur, véhiculée par des sonorités brutes : c’est ce que tu as vécu en débarquant à New-York ?
En effet, c'est une réaction directe au fait de me retrouver au milieu de la ville ! Dans « The Big Machine », la voix est l’élément central. Les lignes mélodiques génèrent l’énergie, ainsi que les idées d’orchestrations et de textures sonores.
Tous les textes sont en anglais, est-ce une manière de dire des choses plus intimes ?
Certainement…mais ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai utilisé cette langue. En vivant à New-York au quotidien, les sonorités me venaient en anglais de plus en plus naturellement. C’est vrai aussi que ne pas chanter dans sa langue maternelle décomplexe ; on ne met plus le même poids dans les mots.
Qu’est ce que New-York t’a apporté en termes d’inspiration ?
Quelque chose de plus instinctif et de beaucoup plus brut. Et l’envie de faire de la musique moins cérébrale. C’est quelque chose qui est dans l’air à New-York.
« The Big Machine » a été réalisé par Mark Plati (David Bowie, The Cure, Alain Bashung…), mais le reste de l’équipe a été recrutée sur place.
Oui, uniquement par le bouche à oreille, excepté François Chevallier qui était déjà sur mes précédents albums. C’était l’idée de départ: construire l’histoire avec les musiciens qui se présentaient sur ma route. On est parti tous ensemble enregistrer au studio Electric Lady, le studio mythique de Jimi Hendrix, qu’on a trouvé au dernier moment !
Tu vis à New-York depuis deux ans, comment trouves-tu le métissage des peuples et des cultures ?
C’est une ville hyper ouverte où toutes les cultures se côtoient et se mélangent : des accents, des fusions musicales, des échanges en tous genres. C’est une ville très sociale où les gens aiment communiquer sur ce qu’ils font et sur leurs envies. Il y a aussi un très bon rapport entre les artistes car il y a moins de soutien qu’en France : là-bas, l’intermittence du spectacle n’existe pas. La plupart des musiciens ont un autre travail à côté, ça change pas mal la manière de se comporter. Ce ne sont pas du tout les mêmes codes qu’à Paris. New-York est une ville de l’ouverture, où je vis de nouvelles expériences !
Album « The Big Machine », Barclay / Universal
En concert le 7 avril à Dijon, le 8 à Montpellier, au Printemps de Bourges le 14 avril 2010.
http://www.myspace.com/emiliesimonmusic






















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