C’est l’histoire d’un réalisateur allemand d’origine turque. À première vue, l’équivalent d’un de nos cinéastes d’origine maghrébine. Comparaison malvenue, tant Fatih Akin semble avoir une longueur d’avance. Propulsé sur la scène allemande pour son talent, et non pour ce qu’il représente, le réalisateur évoque sa double culture en virtuose. Lorsque le héros, d’origine turque, de son film Head-on (Ours d’or au festival de Berlin), se saoule dans un bar, inutile d’y voir un défi à la culture musulmane. La trame dramatique l’exige, simplement. Une approche artistique dénuée de folklore, qui ne cherche pas à délivrer des leçons d’intégration. À quand la même chez nous? Rencontre avec le talentueux agitateur.
Istanbul : Europe ou Asie? Quand je demande à cette ville «Es-tu européenne ou asiatique? », elle me répond: «Je suis les deux, ou je ne suis ni l’une ni l’autre, ou je suis entre les deux.»
Relies-tu immigration, pays pauvre et créativité? Dans un pays en crise, ou pour une population en difficulté, le cinéma devient naturellement meilleur. Il y a un désir, une nécessité d’exprimer quelque chose, avec une âme. Et on le prend au sérieux, même dans une comédie. Mais si quelqu’un est repu, son cinéma sera peut-être ennuyeux. Il y a quelque chose de cela. C’est complexe!
Représenter l’Allemagne, ça t’amuse? Ça ne me pose aucun problème. Je peux dire «j’aime l’Allemagne», ce que les Allemands ont encore du mal à dire.
"De l'autre côté" : titre de son dernier fim (2007)
























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