Le rêve américain ?
Le genre humain est remplie de rêves… La révolution cubaine était aussi un rêve ! Au final, les gens ont été déçus par rapport à leurs attentes. Les Etats-Unis, eux, ont atteint davantage d’objectifs. Malgré cela, je pense que cette notion de rêve américain arrive en bout de piste. La prochaine élection présidentielle va être un tournant important.
Comment se porte la littérature américaine ?
Il se passe avec la littérature américaine ce qui s’est passé avec les films américains. Sauf quelques exceptions, elle est devenue en premier lieu une industrie de divertissement et non plus un phénomène culturel. Ça change beaucoup de choses. Aux Etats-Unis par exemple, on n’interroge jamais un écrivain sur ses opinions politiques. C’est considéré comme de mauvais goût. Il a ses opinions mais doit les garder pour lui.
Les Américains seraient peu ouverts sur le reste du monde. Est-ce aussi le cas des écrivains ?
J’espère que non ! L’écrivain est un artiste, un créatif qui, afin d’exercer son art, est poussé à chercher des choses différentes, venues de contrées étrangères. Malheureusement, il existe encore beaucoup d’écrivains commerciaux américains qui se fichent du reste du monde. En découvrant Da Vinci Code, j’étais vraiment folle, je me sentais insultée ! Comment peut-on écrire un livre avec autant d’erreurs ! C’est ce qui se passe quand tu te fiches des autres et que tu ne respectes pas la culture étrangère.
Quelles sont tes influences littéraires ?
Mes principales influences, ce sont les auteurs anglo-saxons : Shakespeare, les poètes romantiques anglais. Quand j’étais adolescente, j’ai aussi lu Jules Verne, Dumas, les classiques français. Je suis également inspirée par la littérature gothique, les sagas, les épopées comme le Mahabharata, le Ramayana, le Popol Vuh, livre sacré des Mayas, les classiques comme Le nom de la rose d’Umberto Eco. C’est un mélange hétéroclite. Il y a aussi Bradbury, que je considère comme l’un de mes maîtres. Il possède un très beau style et n’a pas la reconnaissance qu’il mérite. Parmi les auteurs contemporains, j’apprécie Milan Kundera, Mario Varga Llosa, Borges, Cortázar et Anaïs Nin pour ses journaux intimes.
Quel est l’impact de la population latine sur la culture américaine ?
On voit plus d’hispaniques…à la télé ! Au niveau de la musique, ils ont un certain impact. C’est à peu près tout. Leur influence dans la littérature américaine est très faible. Les écrivains hispaniques sont souvent coincés dans un ghetto « latino ». C’est quelque chose que je déteste. Je ne suis pas un écrivain latino mais une cubaine qui vit aux Etats-Unis. Le problème, c’est que c’est difficile d’exister en dehors de ces étiquettes. Même les critiques recherchent des clichés. Si tu n’écris pas du thriller ou du policier, tu n’es qu’un intellectuel obscur pour eux. Et dans ce cas, ils ne savent pas trop quoi dire de toi !
Tes impressions sur ton séjour en France ?
Ça fait un peu cliché mais pour moi, être à Paris, c’est un rêve qui devient réalité. J’ai passé beaucoup de temps au Louvre et au musée d’Orsay, où j’ai vu des peintures de Van Gogh. J’en ai pleuré tellement c’était beau. C’est l’une des plus belles expériences que j’ai vécues.





















- Réagir aux articles
- Soumettre une contribution¹
- Répondre à un appel à témoignage¹
- Mémoriser un contenu¹
- Participer à un jeu¹
- Participer aux interviews online d′artistes et de personnalités¹
- T′abonner aux podcasts¹
- Et bénéficier de tous les nouveaux services de RespectMag.com
(1) : disponible prochainement