Oui, je vois d’ici : les moues ! "pff ! ça me dit rien !", "Quel intérêt ?" ... Légitimes doutes. Surtout, qu’il est dans l’air du temps de s’en foutre. A quelques heures du Mondial, la détestation du foot devient même un marché. Une campagne publicitaire* fleurit dans nos rues, mettant en scène la détresse de trois femmes délaissées par leur compagnon pour la Coupe du Monde. A la fin, la blonde (évidemment canon) se demande : y a-t-il un mec célibataire qui ne regarde pas le football ? Drôle, rions ! Même si le cliché se fane. Faudrait penser à le réactualiser car les supportrices concurrencent de plus en plus les mecs...
Passons. Le propos est ailleurs. Ce Mondial est une occasion unique de se convertir à la religion de la balle. Pour mille et une bonnes raisons. D’abord, la terre. L’Afrique arrache (enfin) l’organisation d¹une Coupe du monde après plusieurs échecs. Ensuite, l’Afrique du Sud ! Depuis la fin de l¹Apartheid, le pays de Mandela vit, pour la première fois, un événement de cette ampleur. La planète scrute la nation arc-en-ciel. Et le foot n¹est pas neutre dans ce pays ! Il était ligne de fracture. L’apartheid a cultivé la détestation et le mépris de ce sport chez les blancs. En Afrique du Sud, aimer le foot a longtemps été un acte politique. Oui, bonne raison de se convertir... Parce que Mandela et l’arc-en-ciel valent bien une messe de 90 minutes. Ce n’est pas beaucoup demandé ! Non ?
Un Mondial de football, c’est toujours l’occasion de se redécouvrir. Une expérience collective intense. Salvateur en ces temps moroses où les effusions sont aussi rares qu’une oasis dans le désert. Pour faire monter le Bonheur National Brut (si ! si ! ça existe et l’Hexagone y trône en bonne place des pays sous-développés), une liesse victorieuse ne serait pas négligeable. Attention ! Pas de démagogie ! Si magique, soit-il, le foot ne change pas la vie. Il ne se substitue pas à un projet de société comme les illusionnistes en tous genres (politiques récupérateurs, experts en quête de reconnaissance) ont voulu nous le faire croire avec la fiction France Black-Blanc-Beur de 98.
Le foot, c’est être ensemble finalement. Autour d’un ballon, d’un drapeau, d’une télé, dans un stade ou chez soi... et c’est toujours bon à prendre. Après tout, Mandela, à lui seul, vaut bien une conversion ?
* La dernière campagne de pub d'Axe Effect pour laquelle le plus chaud des déodorants vole au secours des femmes "abandonnées" durant la Coupe du monde...























