Asie / Pacifique Musique

Cinq bonnes raisons d'aimer John Butler

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13 Mai, 2010
Par: Réjane Ereau

1998 : John Butler joue dans les rues de l’Ouest australien. Douze ans et sept albums plus tard, il est le musicien indépendant le plus important du pays, dirige son label, collectionne les disques de platine, soutient tout un cas de causes citoyennes, et impose son trio folk rock dans les plus grands festivals internationaux. Cinq bonnes raisons d'aimer le garçon ?

Il vit en Australie.

"Ce pays est aussi mystérieux et exotique que les gens l’imaginent ! Une île continent, au bout du monde, porteuse d’une vie sauvage, d’une histoire millénaire… Cette terre a une âme, un esprit dont la profondeur ne cesse d’intriguer, d’attirer comme un aimant. Sa magie et sa sagesse me parlent ; elles me donnent beaucoup de force."

Il a réconcilié les jeunes avec la folk.

"Je puise mes influences dans tous les styles : de la country au hip hop, du blues au heavy metal en passant par le jazz… Chacun y trouve son compte ! Peut-être parce que j’ai une façon particulière de les mixer, qui me permet d’être folk sans perdre l’écoute des jeunes. Y compris sur un instrumental de dix minutes ! Comme si cette musique capturait notre imagination, nous connectait les uns aux autres… Le plus important pour moi, c’est d’arriver à créer une intimité, une alchimie, avec mes musiciens comme avec le public. Etre musicien professionnel n’est pas qu’une question de technique, mais de passion, d’attitude. Se demander pourquoi on joue, quel chemin on prend. Bosser, croire en soi, explorer et développer son style sans copier personne."

Il sème la graine d’une nouvelle scène.

"Créée il y a cinq ans, ma fondation de soutien aux artistes indépendants distribue plus de 100 000 dollars par an : surtout à des musiciens, mais aussi à des graffeurs ou des photographes. Aide à l’organisation d’une tournée, à l’enregistrement d’un album, à la recherche d’un producteur ou d’un diffuseur : on n’est pas là pour faire le boulot à leur place mais leur filer un coup de main. Je suis heureux que d’autres artistes participent désormais à mes côtés au financement de la fondation : ça impulse une culture de l’entraide. Notamment au profit de la scène aborigène, très riche et très originale, mais dont le chemin vers la reconnaissance est encore long. On y trouve par exemple de super rappeurs, aussi forts qu’Eminem ou Tupac ! Je souhaite aussi soutenir les artistes urbains, qui participent à embellir notre quotidien. Pourquoi ne pas les payer à peindre les murs de nos quartiers en toute légalité ? La culture, c’est qui te nourrit, te rend plus fort. Elle est un vecteur puissant d’épanouissement. Plus on aidera les artistes à trouver les moyens de vivre de leur art, plus ils créeront, plus on vivra entourés de leurs création, plus ce monde sera apaisé, enrichissant et inspirant."

C’est un activiste du bon sens.

"J’ai toujours eu un très gros problème avec l’injustice ! Enfant, je ne comprenais pas pourquoi le ministre australien des affaires autochtones était blanc, ni pourquoi les colons avaient agi avec les Aborigènes comme avec les Indiens d’Amérique. En tant qu’artiste professionnel, je trouve très narcissique de me concentrer uniquement sur moi, ma musique, ma carrière… J’ai besoin de trouver un sens à tout ce que je fais. Mon engagement n’est pas politique, social ni écologique : c’est juste une question de bon sens !"

… Et un révolutionnaire du quotidien.

"On a tous un rôle à jouer : sans forcément entrer au gouvernement, juste en oeuvrant à son niveau. Élever un enfant, se demander pourquoi et comment on fait les choses, comment on se comporte avec les autres, ici et maintenant : pour moi, c’est le plus important. Quand, les gens repartent d’un concert heureux, en ayant l’impression d’avoir partagé un moment et participé à quelque chose de plus grand, ça n’a l’air de rien, mais c’est énorme. Tous ces « petits peu » mis bout à bout, ça finit par faire beaucoup !"


April Uprising, Jarrah Records, Because Éd.

Site officiel en français : www.johnbutlertrio.fr

Site de la fondation JB Seed : www.thejbseed.com

 Concerts en France : nouvelles dates en juillet 2010. http://www.myspace.com/johnbutlertrio

 
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