Nikki Delphin, coordinateur de projet, Generation Peace
Pas facile pour Nikki d’atteindre au Forum d'Istanbul : le garçon a eu toutes les galères du monde à obtenir un visa… Mais bon, il est là, vibrant de vie et d’émotion quand il retrace l’histoire de son projet. « Notre objectif, au départ, était de mettre en présence des jeunes leaders d’organisations musulmanes, chrétiennes et autochtones, explique-t-il, afin de leur apporter une formation commune à la paix et aux droits humains, développer leurs compétences et consolider la voix de la jeunesse pacifiste aux Philippines ». L’aventure prend cependant une autre tournure « quand on s’est retrouvé en formation à quelques kilomètres seulement de villages où de nouveaux conflits communautaires avaient explosé. » Plutôt que de rester à théoriser dans son coin, le groupe décide d’aller sur le terrain. Et là… « C’était poignant. Les gens nous suppliaient de leur apporter un sac de riz, et nous on était là, les mains vides, à ne rien pouvoir leur offrir que quelques paroles… On a touché du doigt l’absurdité de ce genre de conflit, et l’urgence de se parler pour les éviter. »
Issah Ali, président, Fédération des clubs de jeunesse du Ghana
Méfiez-vous du calme apparent d’Issah. Ce garçon n’est pas forcément un gros bavard, mais c’est un observateur. Attentif. Et déterminé. Du genre à savoir ce qu’il veut et mettre en place, à pas de velours, la stratégie pour l’obtenir… « J’aime être là où se prennent les décisions », explique-t-il. Au Ghana, Issah est un lobbyiste, engagé dans l’amélioration des conditions de vie (eau, santé, etc.) et la pacification des zones de conflit. « J’ai compris que rien ne servait d’envoyer des forces militaires et signer des traités si on ne soigne pas le mal à la racine : la haine qui divisent les communautés religieuses et ethniques. Pour lutter contre les violences qui déchirent le Nord Ghana, nous avons rassemblé trente jeunes leaders des zones chrétiennes, musulmanes et traditionnelles du Grand Accra, afin de les faire travailler en atelier sur la promotion de la diversité culturelle, la prévention de conflit, les droits humains, la tolérance. Et de renforcer, durablement, leurs relations. »
Samid Sarenkapic, coordinateur de projet, Centre culturel DamaD
Prénom musulman, sang bleu : en serbie, Samid fait partie de la minorité. Le jeune homme, à l'humour très british et à l’accent new-yorkais (un an outre-atlantique oblige) aurait pu se contenter de devenir un brillant consultant en géostratégie. Il a préféré mettre ses qualités humaines et professionnelles au service du Centre culturel DamaD, une ONG axée sur la diffusion d’une culture de dialogue et de respect. Dans ce cadre, il a coordonné un projet de formation de jeunes issus de sept villes de la région multi-ethnique et multi-culturelle de Sandzak, au Sud-Ouest de la Serbie. « Notre travail leur donne les moyens de s’ouvrir à l’autre, d’affirmer leur leadership et de prendre part à la résolution des questions communautaires qui émergent sur leur terrain », précise-t-il. Bonne nouvelle : l‘Ambassade des Etats-Unis en Serbie a décidé de soutenir DamaD dans l’extension de son projet à d’autres zones géographiques. Bien joué !
Chris Derige Malano, secretaire général, Pax Romana
D’origine hawaïenne, passé par le Nouveau Mexique, Chris travaille depuis un an en France, au siège de Pax Romana. Une association chrétienne « investie dans l’éducation, pas dans l’évangélisation ! précise-t-il. On n’est pas là pour convertir qui ce soit. » Regroupant plus de 80 fédérations nationales d’étudiants d’universités catholiques, sur tous les continents, Pax Romana s’est donné pour mission de renforcer l’engagement des étudiants comme acteurs sociaux dans le monde. « Le programme "Parler et écouter avec respect" a réuni des étudiants catholiques et musulmans de différents pays, pour des sessions de formation sur la promotion du respect mutuel et de la tolérance. » Joli sur le papier… mais pas forcément facile à organiser. « On s’est trouvé confronté à la difficulté de créer le dialogue. Qui décrète qu’il doit l’être ? De quelle impulsion doit-il naître ? Sur quelle base l’initier ? Quels leviers utiliser pour obtenir des résultats ? Telles sont les questions que ce projet a fait émerger. »
Juan Martin Camusso, responsable des relations institutionnelles, Organisation argentine de la jeunesse pour les Nations-Unies
Pourquoi la coopération internationale passerait-elle toujours par l’intermédiaire des pays du Nord ? Pour Juan, c’est clair : les pays du Sud n’ont pas besoin de tutelle pour faire des choses ensemble. Partant du constat qu’Africains et Sud-américains ont peu l’occasion de se rencontrer, il monte des rencontres entre jeunes Argentins et Angolais. Au programme : « Sept jours de formation conjointe et la construction d’un réseau destiné à favoriser les partenariats, encourager les échanges et développer les capacités de dialogue interculturel. »
L’ALLIANCE PLUTÔT QUE LE CHOC !
Née en réaction à la guerre en Irak et aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid, l’Alliance des Civilisations a pour vocation de trouver des initiatives concrètes pour « sauvegarder la diversité culturelle dans un monde globalisé » et faire reculer « intolérance, radicalisme et fondamentalisme ».
Portée par le président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, épaulée par l’ONU, elle s’est réunie pour la deuxième fois à Istanbul en avril 2009. De nouveaux projets ont été annoncés, dans les quatre domaines d’action de l’Alliance : l’éducation, la jeunesse, les migrations et les médias. Prochain sommet en mai 2010 à Rio de Janeiro (Brésil).
En savoir plus : www.unaoc.org






















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