« Le numérique, facteur d’intégration pour tous », par Guy Mamou-Mani

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Guy Mamou-Mani est Président du groupe OPEN, acteur de la transformation industrielle et numérique des entreprises, et Président de Syntec Numérique, le premier syndicat patronal du numérique. Il rappelle, pour Respect Mag, combien la question du numérique doit être au cœur des enjeux de notre société.

Il est devenu, ces dernières années, de bon ton de dénoncer la panne de l’ascenseur social, de constater que les fils et les filles d’ouvriers sont toujours moins nombreux dans les grandes écoles, que les écarts sont toujours plus grands et la compétition sociale toujours plus rude. Vu par les entreprises du numérique, cela semble invraisemblable tant le secteur recrute tous azimuts animé par des patrons du numérique convaincus que notre secteur est facteur d’intégration.

Ils ont d’abord une première conviction, qu’on ne répétera jamais assez : les métiers du numérique sont, par essence, des métiers d’égalité des chances pour des décrocheurs éloignés du système scolaire, qui se prêtent à des pédagogies alternatives, des métiers où l’on peut réussir sans capital social ou culturel, des métiers où de nombreux autodidactes ont déjà réussi, des métiers où les femmes sont attendues. Or, le numérique est un secteur en pénurie de talents : 35 000 recrutements étaient prévus pour 2014. L’Union Européenne a recensé 900 000 emplois à pourvoir d’ici à fin 2015. À l’horizon 2018, le contrat d’étude prospective prévoit lui 36 000 créations nettes d’emplois.

Nul besoin ici de CV anonyme : plus les profils sont variés, plus nos entreprises s’en réjouissent, elles ont besoin de qualités toujours plus diverses pour imaginer les services de demain, qui changeront radicalement la manière dont nous vivons et dont nous travaillons.

Car c’est la seconde conviction qui anime les entrepreneurs du numérique : ils y voient profondément un moyen de transformer notre société et la manière dont elle se perçoit. Loin des fractures que l’on voit dénoncées, par Pierre Nora dans les colonnes du Figaro récemment, et des critiques faites à des geeks coincés derrière leurs écrans, le numérique a vu l’émergence d’une économie du partage, qui rapproche les individus, de décrocheurs qui raccrochent, par des modes d’apprentissage favorisant toutes les formes d’intelligence, de solutions de santé innovantes, pour permettre à des personnes porteuses de handicap ou âgées de faire pleinement partie du corps social et nous ne sommes qu’au début de cette révolution.

Pour transformer ces convictions en réalité, il est capital que tous les jeunes maîtrisent cette nouvelle grammaire qu’est le numérique et l’école doit en être la première marche – en intégrant le codage et l’algorithmie dans les programmes, mais aussi en favorisant les pédagogies nouvelles proposées par le numérique.  Il faut aussi marteler que la diversité réelle des métiers du numérique permet à chacun de trouver sa place. Nous y gagnerons une société rapprochée, sans fracture, pour le bénéfice de tous et c’est ce à quoi nous aspirons.

Le site web du syndicat Syntec 

Les propos de l’auteur n’engagent pas la rédaction.


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