Prostitution : la loi du 13 avril 2016 comporte de nombreuses failles

Crédits : Wikimedia commons

Médecins du Monde a dirigé, avec d’autres acteurs, une étude faisant le bilan de la loi de lutte contre le système prostitutionnel, adoptée le 13 avril 2016. Un bilan qui montre qu’il y a encore beaucoup de boulot pour protéger les travailleur.se.s du sexe. 

Le 13 avril 2016, la loi de lutte contre le système prostitutionnel et d’accompagnement des personnes prostituées était votée. Cette loi prévoyait de « renforcer les moyens d’enquête et de poursuite contre la traite des êtres humains et le proxénétisme, améliorer la prise en charge globale des prostituées » ainsi qu’une « responsabilisation des clients »… qui se traduit par la mise en place d’une infraction interdisant celui-ci d’avoir recours à l’achat d’un acte sexuel.

Un bilan très contrasté

2 ans suivant l’adoption du texte, qu’en est-il ? La chargée de recherches à Sciences-Po CERI et au CNRS, accompagnée de Calogero Giametta, chercheur à la Kingston University et à l’université Aix-Marseille, ont mené une enquête approfondie. Avec une douzaine d’autres associations, parmi lesquels Médecins du Monde, le Syndicats du Travail Sexuel (STRASS), Le Planning Familial, l’association AIDES ou encore Acceptess-T, les deux universitaires sont donc allés demander aux travailleur.se.s du sexe ce qu’elles pensaient de cette mesure, leur ressenti sincère, étant entendu qu’en règle générale on donne peu (ou pas) la parole à ces personnes pourtant directement concernées. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le bilan est très contrasté.

Des cas d’intimidation

Il apparaît notamment de cette étude, nommée « Que pensent les travailleur.se.s du sexe de la loi prostitution ? » Pour conclure cette étude, près de 70 entretiens individuels ont été menés dans les plus grandes villes de France. Divers arrêtés municipaux et opérations de contrôle d’identité font que les travailleur.se.s du sexe sont plus pénalisés que les clients eux-mêmes. Lors de ces contrôles mentionnés, l’étude mentionne que « beaucoup (de travailleur.se.s du sexe) relatent des cas d’intimidation, par exemple quand elles sont menacées d’expulsion, pour les pousser à dénoncer un client ».

La loi, très répressive pour le client, ne protège pour autant pas les travailleur.se.s du sexe. L’enquête mentionne que les personnes interrogées, depuis l’adoption du texte, ressentent une « perte de pouvoir dans la relation avec le client : ce dernier impose plus souvent ses conditions (rapports non protégés, baisse des prix, tentative de ne pas payer, etc.) parce qu’il est celui qui prend des risques » (du fait de sa condamnation possible).

Pour consulter l’étude au complet, c’est par .


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