Syrie: dans la Ghouta orientale, un « cataclysme humanitaire » qui alarme le monde

Crédit : Wikimedia commons

« L’enfer sur Terre » pour l’Organisation des Nations Unies, « un véritable massacre » pour Angela Merkel. Dans la Ghouta orientale, une région jouxtant la ville de Damas, en Syrie, une véritable tragédie a lieu à l’heure où nous écrivons ces lignes. Respect mag dresse un état des lieux. 

C’est un traquenard, un piège, un « cataclysme humanitaire » selon l’expression choisie par Jean-Yves Le Drian, Ministre des affaires étrangères, dans une déclaration à l’Assemblée nationale. Depuis le début de cette semaine, la Ghouta orientale, un quartier en périphérie de Damas et connu pour être un des derniers fiefs rebelles défiant le régime syrien de Bachar Al-Assad, est le théâtre d’un tragique massacre. Depuis le 18 février, ce ne sont pas moins de 320 personnes (source : Observatoire syrien des Droits de l’homme), dont la quasi-majorité se trouvent être des femmes et des enfants, qui ont péri sous les bombes.

Après que la guerre civile opposant régime gouvernemental et rebelles ait éclaté en 2011, c’est en juillet 2012 que l’Armée syrienne libre (ASL) lance depuis la Ghouta orientale la bataille de Damas. Depuis, le territoire est régulièrement bombardé par l’armée du régime, touchant mortellement de nombreux civils. Mais depuis le début du mois de février, la situation passe du drame à la catastrophe humanitaire, dans un déluge de feu vis-à-vis duquel la communauté internationale, prise de panique, ne sait quoi faire.

Nos confrères du Monde ont par ailleurs parfaitement repris le terme du journaliste Simon Tisdall, du Guardian, qui comparait dans une tribune ce drame au massacre de Srebrenica :

« A Srebrenica, quelque 8 000 hommes et adolescents musulmans furent massacrés en quelques jours. (…) Le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie a plus tard déclaré que ces crimes constituaient un génocide. (…) La communauté internationale savait pourtant très bien ce que le général Radko Mladic [commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie] était en train de faire, et qu’un massacre était imminent. Elle a détourné le regard. L’agonie de la Ghouta orientale (…) est plus lente mais ignorée de la même façon. Encore une fois, des civils, dont de nombreux enfants, sont massacrés. Encore une fois, les pouvoirs occidentaux, avec des forces présentes dans le pays, refusent d’intervenir. Encore une fois, les Nations unies sont impuissantes. »

C’est surtout sur le terrain sanitaire que la situation est la plus apocalyptique. En quarante-huit heures, six hôpitaux de la région ont été touchés par des bombes, les rendant, pour trois d’entre eux, complètement hors service, toujours selon des informations du Monde.

Une « épouvantable situation humanitaire dans laquelle des enfants meurent », selon les mots de Raphaël Pitti au micro d’Europe 1, à laquelle il va vite falloir trouver une solution…


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