5 choses à savoir sur le combat des Chibanis contre la SNCF

Chibanis
© Bouamamas

L’affaire a rythmé l’actualité ces derniers jours, avec un mot qui revenait tel un refrain : les Chibanis. Ces derniers ont remporté une lutte d’envergure face à la SNCF, couronnant plus d’une dizaine d’années d’un intense et complexe cheminement judiciaire. Respect mag fait le point.

Qui sont les Chibanis ?

Les « Chibanis », ce sont les « cheveux blancs », en arabe argotique. Ils désignent ces immigrés maghrébins de la première génération arrivés en France à partir du milieu des années 50. Main d’œuvre peu chère, ils ont été envoyés pour garnir les effectifs des usines et autres industries françaises, notamment chez Renault ou, de façon plus importante, la SNCF. Pour ce dernier, l’entreprise a recruté ces travailleurs par milliers. Elle leur a créé un statut particulier, le « PS25 », celui de cheminot étant réservé aux travailleurs français.

Qu’est-ce que le statut PS25 ?

C’est donc un statut particulier réservé aux travailleurs maghrébins. Ce statut leur « permettait » de partir à la retraite à 60 ans, de ne cotiser non pas à la caisse de retraite des cheminots, mais à la sécurité sociale. Ce statut particulier a notamment été vivement critiqué par les associations de défense des Chibanis, notamment par le fait que le statut des cheminots donnait le droit de cotiser à la caisse du même nom, de partir à la retraite à 50 ans pour bénéficier de 75% des 6 derniers mois de leur salaire en fin de carrière.

Que reprochent les Chibanis à la SNCF ?

D’avoir été discriminés. Malgré un contrat de travail qui prévoyait une « égalité de traitement » au sein de l’entreprise, les Chibanis ont déclaré se sentir exclus, notamment par des impossibilités de promotion, d’exclusion à des concours et services médicaux, des préjudices liés à la formation menant à des dommages moraux et autres retraites dégradées. « Quand je suis arrivé en 1972, elle nous a donné une carte limitée de ma chambre jusqu’au travail. Quand je voulais descendre à la gare de Lyon, il fallait que je paye mon billet. Ça, c’était de la discrimination » a déclaré Ahmed Assani, un Chibani âgé de 68 ans au micro de RFI.

Qu’a décidé le Tribunal de grande instance ?

Après près de 12 ans de procédure, la SNCF s’est vue confirmer un premier jugement faisant état d’une condamnation de la part du Tribunal de Grande Instance de Paris. 848 Chibanis se sont vus octroyer des sommes allant de 250 à 200 000 euros que devront leur verser la SNCF. « Il y a eu aujourd’hui la confirmation des condamnations obtenues en première instance en matière de carrière et de retraite et nous avons obtenu en plus des dommages et intérêts pour préjudice moral », s’est ainsi réjouie Clélie Lesquen-Jonas, l’avocate des travailleurs.

Quelles sont les voies de recours de la SNCF ?

Les avocats de l’entreprise publique ont déclaré « étudier les décisions prises par la Cour d’appel pour chacun des 848 dossiers ». À la fin de cette réflexion, volonté sera, ou non, pour la SNCF de se pourvoir en cassation. Affaire à suivre, donc. Ou pas ?


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