« Crocodiles », ou ces enfants migrants dont on ne parle pas

Crédit : Compagnie Barbès

Cette pièce, mise en scène par Cendre Chassanne et Carole Guittat, se joue jusqu’au 18 novembre au Théâtre Dunois (Paris 13ème). Magistralement interprétée par Rémi Fortin, elle conte le douloureux et poignant récit d’un enfant migrant.

Il s’appelle Enaiat, il est afghan et hazara (peuple mi- afghan mi-persan). Il est âgé d’à peine 10 ans lorsque sa mère est contrainte de l’abandonner pour tenter de sauver sa vie, celle de sa génitrice étant ardemment menacée par la violence des talibans.

Débute alors, pour le petit Enaiat, un long périple partagé entre solitude, méfiance et mélancolie, au sein de laquelle il va devoir vivre et survivre dans la logique attente d’une vie meilleure. Dès lors, durant 5 années, le petit homme va mûrir le dessein de quitter le Pakistan pour cet « ailleurs » dont tant de migrants rêvent : l’Europe. Dans un voyage fait de froid, de misère et de faim.

Le récit initiatique de cette traversée d’une vie, on peut la voir et l’écouter dans « Crocodiles », une pièce préparée par la Compagnie Barbès, brillamment mis en scène par Cendre Chassanne et Carole Guittat, avec, en unique comédien interprétant l’enfant puis l’adulte Enaiat, Rémi Fortin, un jeune homme qui a pleinement pris la mesure de la force du discours du jeune réfugié, dont l’histoire est vraie (elle est tirée du livre portant le même nom que la pièce, écrit par Enaiat lui-même et Geda, un éducateur italien). C’est au Théâtre Dunois que se joue cette pièce seule en scène, jusqu’au 18 novembre.

« Un vrai choc »

Cendre Chassanne a découvert le livre en 2011, et son idée, avec sa collègue Carole Guittat, de l’adapter s’est imposée d’elle-même : « C’est un livre qui m’a complètement arrêtée, un vrai choc ». Celle qui dirige Rémi Fortin a par ailleurs ajoutée que le livre, et la pièce qui en découle, revient sur « le mythe de l’enfant abandonné » dont l’angle de la migration de jeunes enfants est très peu couvert pas les médias. « Les enfants, on ne les entend pas, affirme-t-elle. Là-bas (au Pakistan) ils ont été récupérés par des groupes armés afin d’en faire des esclaves. En Europe, ils ont peu de prises sur les choses. Le récit d’Enaiat remet quelque part l’humain au centre du débat, raconte son expérience en nous disant le réel », nous dit-elle.

Cendre Chassanne espère que ce débat n’en est qu’à son début. Elle souhaite qu’en quelque sorte nous passions de la réflexion à l’action, c’est-à-dire de faire quelque chose pour ces migrants devenus, in fine, l’affaire de tous.

Du 8 novembre 2017 au 18 novembre 2017
Théâtre Dunois – Paris

Bande-annonce : 


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