Véronique Covin : « Il y a ceux qui profitent de ces technologies de l’information et ceux qui en sont exclus »

Crédit : Tousergo.com

Véronique est directrice du pôle développement de LADAPT, une association qui a plus de 80 ans, créée par Suzanne Fauchier, elle-même en situation de handicap. En tant qu’experte, et à l’occasion de la SEEPH, elle revient pour Respect mag sur l’impact actuel du numérique dans l’emploi.

Comment LADAPT se positionne face au numérique ?

Au niveau du service offre-entreprise, on est en train de prendre le virage du numérique. On repense les produits. Il y a une demande, mais aussi la nécessité d’évoluer, notamment avec des moocs, des systèmes d’accès à des plateformes proposant des services qui, auparavant, se faisaient plutôt en face-à-face.
On essaie d’avoir une mission de conseil et de sensibilisation pour que les personnes puissent accéder à toute l’offre technologique qui existe aujourd’hui.

D’après vous, où en est-on dans cette révolution numérique dans l’emploi des personnes handicapées ?

Pour les personnes handicapées, je pense que la révolution numérique permet d’avoir des aides techniques qui facilitent la vie, comme l’accès à l’information. Cela permet de dépasser le handicap aussi. Ça va plutôt dans le bon sens, mais après, si on regarde au niveau de l’emploi (mais ce n’est pas propre aux personnes handicapées), on parle de fracture numérique et sociale. Il y a deux réalités : ceux qui profitent de ces technologies de l’information et ceux qui en sont exclus, pour différentes raisons (manque d’appétence, âge, moyens économiques…).

Ce qui est sûr, c’est que les technologies évoluent très rapidement. On peut vite aussi se sentir limité parce que les connaissances qu’on avait sur un matériel sont obsolètes et qu’il faut en apprendre de nouvelles. Mais il y a aussi de bons côtés. Je pense qu’il y a 50 ans, on n’imaginait pas pouvoir équiper des personnes handicapées de mains artificielles, par exemple !

Est-ce que la France est bien placée sur ces questions d’emploi liées au numérique et au handicap ?

Concrètement, on ne peut pas dire que la France est mauvaise. D’ailleurs, l’accessibilité aux services de communication est inscrite dans l’article 47 de la loi du 11 février 2005. Mais, d’après mes recherches, nous ne sommes pas les meilleurs dans ce domaine puisque le sujet a été abordé dès 1995 par la Grande-Bretagne, en 1999 par l’Irlande, en 1998 par les États-Unis, en 2002 par l’Allemagne et l’Espagne, et en 2003 par la Grèce.


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