Nicolas Huchet : l’ouverture autrement avec Human Lab

Nicolas Huchet est le fondateur de l'association My Human Kit. A l'occasion de la SEEPH, il revient sur l'évolution du numérique au service de l'emploi des personnes en situation de handicap. Crédit photo : Flickr
Nicolas Huchet est le fondateur de l'association My Human Kit, un laboratoire mêlant partage des données et démocratisation de ces nouvelles technologies pour tous. Crédit photo : Flickr

Nicolas Huchet est salarié de l’association My Human Kit, mais aussi directeur du développement de cette association, qui exerce principalement à Rennes. Il est intervenu sur la question du numérique et du handicap à diverses reprises, notamment pour les célèbres conférences TEDx. A l’occasion de la SEEPH, il revient sur l’évolution actuelle du numérique dans le domaine de l’emploi des personnes handicapées. 

D’après vous, qu’est-ce que l’handicapowerment ?

L’empowerment est la capacité à apprendre des choses soi-même, d’être autonome vis-à-vis de la technologie… L’handicapowerment, pour nous, c’est la capacité à apprendre de son handicap, de s’en servir comme source d’apprentissage et de lien social.

En quoi le Human Lab permet-il de développer l’emploi des personnes atteintes d’un handicap ?

Cela peut permettre à une personne handicapée de voir son problème autrement. Plutôt que de chercher des nouveaux financements, le Human Lab lui permet de sortir de chez elle, de rencontrer de nouvelles personnes, de retrouver de la confiance en soi et d’évoluer dans un milieu nouveau. Rien que ça, c’est une difficulté lorsqu’on est handicapé puisqu’on est souvent chez soi ou en milieu adapté.

Et puis c’est aussi l’occasion d’acquérir des compétences techniques tout simplement. De faire de l’électronique, du code, de la conception 3D, de découvrir le monde des logiciels libres… C’est toute une philosophie qui permet de développer énormément de compétences, mine de rien !

Quelle évolution constatez-vous dans les domaines du numérique et de l’emploi des personnes en situation de handicap ?

Très concrètement, nous avons un accord avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH), dans lequel nous nous engageons, en échange de ce financement, à recevoir des BOE (bénéficiaires dans l’obligation d’emploi). Pour ceux qui viennent, on propose des séances d’initiation qui durent quatre ou huit jours …

C’est de l’initiation à la fabrication digitale, et les personnes sont ravies ! D’une manière plus générale, cela leur permet de voir que le numérique, ce n’est pas seulement les jeux vidéo, comme le pensent de nombreuses personnes ! Avec les objets connectés, on a la possibilité de contrôler un ordinateur, non plus avec ses doigts, mais avec un bracelet bluetooth, ou de commander grâce à un casque avec des capteurs cérébraux. Ce qui ouvre pas mal de perspectives, même si je pense que ce n’est pas encore totalement effectif. Nous, par exemple, avec le Human Lab, on veut justement développer ces choses-là !

Et c’est en train de se faire. On trouve des initiatives tous les jours sur Internet. Demain, avec l’open source et le numérique, pour le handicap, on va pouvoir fabriquer des fauteuils roulants électriques à partir de plans partagés. On va pouvoir les personnaliser et puis la personne pourra choisir sa méthode de contrôle ! Joystik, smartphone… Ça va se démocratiser ! Par contre, il faut que les personnes s’impliquent…

Loading...

Loading…


Autre article écrit par Roxanne D'Arco

On peut assister à son propre mariage à 14 ans à New-York, et ce n’est pas normal…

    Il est possible de se marier dès l’âge de 14 ans dans...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *