La beauté de la calligraphie arabe en plein Paris

Crédits : Mounir Belhidaoui

L’Institut des cultures d’Islam veut inscrire l’art calligraphique sur les murs de Paris. Notamment dans le cadre de sa saison « Lettres ouvertes, de la calligraphie au street-art », remettant au goût du jour la beauté de l’art mural. Récit.

L’air est bon, en cette matinée du 12 octobre, même si l’automne impose de plus en plus sa présence mélancolique. Non loin du quartier de La Chapelle, dans le 18ème arrondissement parisien, l’Institut des cultures d’Islam siège fièrement au milieu de ce brassage. Nous voulons y faire un tour, désireux d’assister à l’inauguration de leur saison « Lettres ouvertes, de la calligraphie au street art » qui réunit jusqu’au 21 janvier 2018 des artistes français et arabes. L’événement culturel se veut être le terrain abritant la grâce de l’expression corporelle mêlée à la beauté de lettres calligraphiques dont l’existence est séculaire.

Poésie sur mur

On peut notamment voir le travail de Bahia Shehab, artiste connue pour son œuvre « No, a thousand times No » (« Non, mille fois non ») inscrite sur les rues du Caire. La jeune égypto-libanaise, qui a présenté ses réalisations dans plusieurs pays du monde arabe, nous explique son projet de « Fresque murale ». Celle-ci comportera des passages de poèmes de Mahmoud Darwich, figure historique de la poésie palestinienne : « J’ai voulu peindre la poésie de Mahmoud Darwich car c’est celle qui me semble la plus pertinente en tant que personne vivant dans le monde arabe ». Même si, selon elle, la « rue n’appartient plus au peuple » et qu’il est « désormais interdit de peindre sur les rues du Caire », elle considère que les autres villes à travers le monde sont aussi ses villes.

« Fresque monumentale », oeuvre de Tarek Benaoum

Nous visitons ensuite l’autre bâtiment hébergeant les activités de l’Institut, situé rue Léon. On y découvre quelque chose de proprement monumental : une fresque, elle aussi. Sauf que, pour le coup, elle fera 350 mètres carrés, peinte d’un bleu nuit qui nous fait immédiatement voyager, et que des lettres arabes que l’on pense faites d’or y seront apposées.

Lettres d’or sur fond bleu

Cette œuvre est celle de l’union entre Tarek Benaoum, un street-artist marocain qui a noué avec la calligraphie et le street art un lien charnel, et « Quai 36 », une association parisienne qui met en lumière les œuvres de street art. « Mon œuvre s’inscrit dans une démarche d’amitié avec Quai 36, mais dans une évidence dans la relation qui nous unit avec l’Institut des Cultures d’Islam ». Naturellement, il ne pouvait en être autrement, tant jaillit de cette œuvre toute la force de la culture méditerranéenne.

Callidanse, performance scénique et visuel harmonieuse et forte. Crédits : Mounir Belhidaoui

Pour finir, on a dansé. Enfin, pas nous, mais Smaïl Kanouté et Sifat, dans le cadre de « Callidanse », une performance déjà présentée dans le cadre la Nuit Blanche de la ville de Paris. L’idée ? Un alphabet de signes ressemblant à des hiéroglyphes, servant de base pour une danse rythmée, sombre, pure.

« Lettres ouvertes, de la calligraphie au street-art », Institut des cultures de l’Islam, 56 rue Stephenson, Paris 18ème.


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