La Libanaise, une femme pas si libérée

Femmes du Liban. Dessin de Roxanne D'Arco
Femmes du Liban. Dessin de Roxanne D'Arco

Elle est belle la Libanaise. Elle est aussi déterminée, caractérielle, capable d’envoûter et de mettre bien des hommes à ses pieds. Enfin, c’est ce qu’on nous en dit. Par contre, elle ne peut pas transmettre sa nationalité à ses enfants, n’a pas le même pouvoir de décision et reste soumise à la loi des religions. Alors, vraiment libre la Libanaise ?

Il n’y a pas une Libanaise, mais des femmes bien différentes. Religion, quartier, condition sociale, origines… Ce sont autant de caractéristiques qui distinguent les femmes du pays des Cèdres. Et pourtant, dans les conversations avec les hommes de cette contrée, ils sont bien nombreux à nous assurer que les Libanaises jouissent de bien plus de libertés que dans le reste du monde arabe, que ce sont elles qui tiennent les rênes dans bien des situations.

« Il ne faut pas se laisser berner par les apparences. Même si elles semblent être émancipées, elles ne sont pas du tout respectées lorsqu’on en vient aux questions de droits humains relatifs aux femmes », explique Maya Ammar, la responsable des relations presse de l’association Kafa (et également journaliste). Au fur et à mesure de nos entretiens, du temps passé dans ce pays, on se rend compte que c’est tout un système qui a été mis en place pour museler les femmes. Petit tour de différentes thématiques essentielles pour comprendre l’étendue du travail à accomplir.

Violences faites aux femmes 

Dans ses nouveaux bureaux qui donnent sur la rue Badaro, à Beyrouth, Kafa (qui veut dire « assez » en arabe) travaille à l’éradication de la violence contre les femmes au Liban. Si aucun rapport officiel recense les violences faites aux femmes au niveau national, c’est notamment parce que cela se passe surtout dans un contexte privé et peu en parlent. « En 2016, 2 500 femmes sont venues à Kafa pour dénoncer ces violences. On compte chaque année entre huit et onze meurtres reportés dans les médias. Mais à part ça, il n’y a pas de chiffres », explique Maya, précisant que l’association prend en compte toutes les femmes sur le territoire et pas seulement les Libanaises.

Cela peut-il s’expliquer en partie par les énormes différences socio-économiques que connaît le pays (avec une classe moyenne quasi-inexistante) ? Pas seulement, même si Maya reconnaît qu’il y a des différences de traitement des femmes entre la capitale et les régions plus isolées… « Malheureusement, nous n’avons pas assez de ressources pour ouvrir des centres là-bas, mais nous avons des personnes qui essaient d’aller dans les écoles en région. Nous nous appuyons sur les membres de la sécurité intérieure de ces zones pour qu’ils soient préparés à ces cas. Mais nous savons que ce n’est pas suffisant », ajoute la jeune Libanaise.

D’ailleurs, le champ des violences faites aux femmes est large. Pour Kafa, il va des violences domestiques au trafic humain (« puisque les femmes et les jeunes filles constituent 70 à 80% de ce trafic », affirme Maya Ammar), comme les employées domestiques ou encore les prostituées…

Libanaise versus système patriarcal ? 

Au cours de tous nos entretiens, ces femmes engagées n’hésitent pas à pointer le plus gros obstacle à leur travail : un système patriarcal très ancré à tous les niveaux de la société. La violence ? « C’est un outil et l’un des piliers de cette société patriarcale pour maintenir les femmes à une position de subordonnées », dénonce Maya Ammar, de Kafa. L’association tente de changer les mentalités à coups de grandes campagnes d’affichage et dans les médias, mais aussi à l’aide de la recherche, de formations et de lobbying auprès des politiques, et là aussi, la tâche est loin d’être aisée !

A Beyrouth, dans le quartier Mar Mikhael, comme dans tous les pays, on pouvait apercevoir cette campagne d'affichage de Kafa. L'association demande l'augmentation de l'âge légal pour pouvoir se marier. Le droit des femmes reste un long combat à mener au Liban. Crédit photo : Roxanne D'Arco
A Beyrouth, dans le quartier Mar Mikhael, comme dans tous les pays, on pouvait apercevoir cette campagne d’affichage de Kafa. L’association demande l’augmentation de l’âge légal pour pouvoir se marier. Crédit photo : Roxanne D’Arco

Dans son livre-essai Superman est arabe, l’auteure libanaise Joumana Haddad reconnaît que « la défense des droits de la femme ne devrait pas être exclusivement l’affaire des femmes. Et l’on peut dire la même chose pour le combat contre le patriarcat » (p.120). Pourtant lorsqu’on demande s’il est possible d’impliquer les hommes dans ce combat, ces femmes dénoncent un système implanté non seulement chez les hommes, mais aussi chez les autres femmes !

D’ailleurs, plus loin dans son livre, Joumana Haddad ajoute : « Mais est-ce que tout cela est la faute des hommes ? Sûrement pas. Un bon exemple pour illustrer cela, ce sont les nombreuses épouses libanaises qui sous-traitent les tâches domestiques et l’éducation des enfants (aux Éthiopiennes, aux Sri-lankaises, aux Philippines…) mais sans pour autant consentir à participer au financement du ménage. Elles veulent être traitées comme des égales, mais ne gardent que les avantages de l’égalité. Et, par-dessus le marché, elles continuent à élever leurs enfants en inculquant aux garçons le goût de la domination, la brutalité et le narcissisme, et aux filles la passivité, plutôt que de les encourager à considérer les deux sexes sur un plan d’égalité. » (p.180)

Un point de vue que rejoint Lina Abou-Habib, directrice exécutive du Women’s Learning Partnership, très impliquée dans la défense des droits des femmes. Dans son bureau près du musée national de Beyrouth, la féministe raille ces femmes au Liban qui « aiment qu’un homme les protège ». « Donc franchement, c’est vraiment assimilé ! L’implication des hommes dans ces questions signifie un revirement dans les schémas de pensée. Finalement, une pensée patriarcale, c’est une société qui donne le pouvoir, la décision à l’homme. Pourquoi s’en débarrasserait-il ? C’est encore une bataille de redistribution du pouvoir et des ressources qui ne va pas se passer comme ça. »

Nationalité

 […] je suis une femme libanaise, mais suis-je une citoyenne libanaise ? Eh bien non ! Pas tant que la religion qu’on m’a transmise à la naissance (…) continuera à régner sur moi, sur mes affaires, sur mon statut et sur mon existence, et ce, du berceau à la tombe.

Joumana Haddad, dans Superman est arabe, p.74

La femme libanaise ne peut pas transmettre sa nationalité à ses enfants, même si ces derniers sont nés et vivent depuis leur naissance sur le territoire libanais. « Je me sens citoyenne de deuxième catégorie. C’est horrible et très humiliant, surtout quand vos enfants vous demandent pourquoi ils ne peuvent pas avoir la nationalité, alors que je les ai élevés dans l’amour du Liban, de la patrie et des traditions. C’est très difficile à expliquer… c’est une des raisons de mon combat ! Ce n’est pas un bout de papier qui fait de vous une citoyenne, mais ce que vous faites pour ce pays. Beaucoup d’hommes ont la nationalité mais ne la méritent pas ! », explique Nadine Moussa, candidate à l’élection présidentielle en 2014.

Comment cela est-il possible ?

« Le code de nationalité libanais date de 1925, hérité du Français, du colonisateur », raconte Lina Abou-Habib avec un petit sourire malicieux (voir encadré plus bas). Responsable de la campagne pour la nationalité au Liban, lancée au début des années 2000, elle ajoute : « Les politiciens libanais au pouvoir ont décidé que le citoyen, la norme, c’est l’homme. La femme suit en tant que mère, femme, sœur… Ces catégories inutiles ! Le Libanais peut transmettre la nationalité, la Libanaise, non. Ce n’est pas la seule loi discriminante, mais c’est la seule qui l’est sans aucun complexe, sans aucune volonté de la maquiller un peu ».

L’activiste revient sur les arguments des politiques libanais pour ne pas revenir sur cette loi. « Sexiste » et « raciste », cet argumentaire commence avec l’arrivée des réfugiés palestiniens (après la proclamation de l’état d’Israël, en 1948). Majoritairement musulmans, ils n’ont pas eu droit à la nationalité, contrairement aux Arméniens. D’ailleurs, la classe politique aurait avancé une logique toute particulière selon Lina : « Si les Palestiniens deviennent libanais par mariage, ils vont abandonner leur droit au retour et on va perdre la Palestine ! Les contradictions sont vraiment drôles… » On se soucie moins du droit au retour de la femme palestinienne par contre.

Suite à la guerre civile entre 1975 et 1990, la transmission de la nationalité par les Libanaises a été évacuée par la volonté de ne pas détruire « le maigre équilibre mis en place qui pourrait provoquer une nouvelle guerre civile. Les femmes sont coupables de causer la guerre, les famines, de tout !  Et il y a eu l’exode des Irakiens. Encore des réfugiés, et maintenant les Syriens ! Mais si vous regardez ce qui se passe, ce sont surtout des hommes libanais – je dois dire pédophiles – qui se marient avec des petites syriennes ! », fustige Lina.

Religion et politique

Pas de scission entre les politiques et les religieux

En tirant le fil de la nationalité, on arrive à une autre bouloche. Et plutôt énorme, celle-là : il s’agit de la religion ET de la politique. En effet, difficile de scinder les deux lorsque la Constitution prévoit que le président de la République soit chrétien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le président du parlement musulman chiite. Sans parler des affaires familiales, elles aussi jugées par les autorités religieuses… D’ailleurs les féministes libanaises ont vite fait un choix. « Nous ne travaillons pas avec les autorités religieuses. Nous pensons qu’il n’y a que les autorités de l’État qui devraient pouvoir régir et faire appliquer les lois », dénonce Maya Ammar, de Kafa.

« Il n’y a aucun moyen d’arriver à l’égalité, tant que notre Constitution autorise le religieux à prendre tout le pouvoir sur la question de la famille et l’éducation, parce ça se complète », ajoute Lina.

Outre la résistance sociale à l’évolution du rôle des femmes dans la société, Maya pointe aussi « l’autre grand problème : l’élite politique au Liban, qui est en grande majorité composée d’hommes soit sexistes, soit influencés par des communautés religieuses. Ces dernières influencent tous les sujets liés aux femmes au Liban. Sans oublier la corruption, qui n’aide pas non plus à mettre en avant nos idées ! »

Madame la présidente ?

Malgré tout, des avancées se font sentir. Le 10 juillet 2017, dans le quartier chrétien d’Achrafieh, à Beyrouth, nous retrouvons Nadine Moussa chez elle. Avocate et militante, cette femme s’est lancée dans la course à l’élection présidentielle au Liban en 2014. Un vrai coup de pied dans la fourmilière, commencé deux ans auparavant, notamment dans l’optique de se présenter aux élections législatives de 2013 avec le mouvement « Take Back Parliament ».

« Malheureusement, je faisais partie des candidats élus d’office selon la loi. Mais ici, nous sommes dans une culture de non-droit. Ce pays est une jungle. Les gens au pouvoir se sont auto-prorogés, contrairement à la Constitution, aux principes démocratiques, au droit des citoyens d’élire leurs représentants et aux candidats qui avaient des droits acquis… », raconte Nadine Moussa, les yeux pleins de fougue.

Mais cette déception ne l’empêche de taper un peu plus fort l’année suivante pour l’élection présidentielle. « La question était : est-ce qu’on leur laisse le champ libre ? Je crois que ça les a emmerdés ! Ils n’ont pas l’habitude, c’était totalement osé. Qui est cette femme qui ose dire qu’elle veut être présidente de la République ?! Je ne vous dis pas les moqueries, la marginalisation et l’obscurantisme dans lequel on a voulu me mettre …», ajoute l’ex-candidate. Pourtant, elle considère qu’être une femme l’a certes peut-être désavantagée sur certains points, mais a été un atout sur d’autres.

Sa candidature n’a pas du tout été rejetée par la population, mais plutôt par les médias libanais, soumis aux intérêts de grandes fortunes liées et/ou ancrées dans des mouvements politiques du pays. Pourtant, l’initiative a fait un peu le tour des médias étrangers et a reçu le soutien des mouvements civiques. « J’ai beaucoup de respect pour Nadine, surtout que ses enfants n’ont pas la nationalité. Elle a toujours soutenu notre combat. Je pense qu’elle a un peu bousculé les tabous. C’est la deuxième candidature d’une femme à la présidentielle au Liban. Je ne me souviens plus de la date exacte, mais la première était celle de Nayla Moawad (candidate en 2004, et veuve de René Moawad, président élu assassiné en 1989, ndlr)  », souligne Lina.

Un homme pour les droits des femmes

Le Liban a d’ailleurs plus d’un tour dans son sac. Lors de l’annonce du nouveau gouvernement en décembre 2016, non seulement on ne comptait qu’une femme (sur 30 personnes nommées) et surtout un ministre pour défendre les droits des femmes. Une initiative qui a fait jaser !

« Qu’est-ce qu’il est sympatique ! », ironise Lina Abou-Habib, au sujet de Jean Oghassabian, le ministre donc chargé de la défense des droits des femmes. Elle ajoute : « Vous savez que c’est un ex-militaire ! Il a aussi ses ambitions politiques. La campagne sur la nationalité a eu deux contacts avec lui. Il est dans toutes les conférences, il est partout. Sur la question du quota féminin, lui qui a fait tellement de déclarations dans lesquelles il soutenait cette idée, aurait dû démissionner lorsqu’on a su que la nouvelle loi électorale serait finalement sans quota. » Une efficacité toute relative.

Evolution positive

Dans un pays où la situation des femmes est bien plus sombre que l’on croit, il y a quelques éclaircies au tableau. De par leur combat au quotidien, les femmes obtiennent doucement (mais sûrement) des évolutions.

Du côté de la loi

Kafa est d’ailleurs plutôt optimiste malgré tout, en voyant le parcours de l’association et son travail depuis sa création en 2005. «Le changement le plus significatif est la validation de la loi contre les violences familiales à l’encontre des femmes (en 2014, ndlr). Même si la loi n’est pas parfaite, nous pensons qu’il s’agit vraiment d’une étape. Il y a aussi plus de mobilisation, on parle bien plus de ces sujets, autant dans la sphère privée que publique. Les gens sont de plus en plus enthousiastes à l’idée de provoquer ces changements », observe Maya Ammar.

Sur le terrain

Pour Nadine Moussa, le changement passe aussi par la politique : « Si vous saviez le nombre de jeunes femmes qui ont de la lumière dans leurs yeux, lorsque je les rencontre ! On leur montre que la femme n’est pas un être inférieur, qu’elle peut être un partenaire à part entière et une valeur ajoutée dans ce pays. Il y a eu tellement plus de candidatures féminines, que ce soit aux municipales ou pour d’autres élections locales. Il y a un gain de confiance ! Les femmes commencent à jouer pleinement le rôle qui est le leur. »

Une ouverture sur la sexualité

La couverture du livre "Superman est arabe" de Joumana Haddad. DR
La couverture du livre « Superman est arabe » de Joumana Haddad. DR

La voix des femmes commence à se faire entendre sur plus de sujets, notamment en matière de sexualité. Joumana Haddad en est un exemple, non seulement dans ses écrits où elle met en avant la liberté sexuelle des femmes, lutte contre la sacralisation de la virginité, et pour une conception plus libre du couple. L’auteure a aussi lancé Jasad (qui signifie « corps » en arabe) en 2008, qui est la première revue érotique arabe.

Autre femme qui bouscule les tabous, Sandrine Atallah, qui est devenue en 2007 la première sexologue du Liban. Une figure devenue très médiatique puisqu’elle a lancé en 2010 un talk-show intitulé « Lezim taaref », qui signifie « Tu dois savoir ». Il s’agit de la première émission de télévision consacrée à la sexualité au pays des Cèdres. Cette évolution continue de croître et touche aussi la culture. A Hamra (quartier musulman sunnite de Beyrouth), cette année, l’exposition « Purotica » réunit six artistes (hommes et femmes) sur le thème du désir. Comme quoi, difficile d’empêcher les langues de se délier !

Corruption, sexisme et politique font bon ménage

Le sexisme est totalement ancré au sein de la classe politique libanaise, elle-même très liée à la corruption. Difficile dans ces conditions de faire avancer les droits humains fondamentaux, autant pour les femmes que pour les hommes ! Nadine Moussa a souhaité bousculer ce système en proposant une troisième République lors de sa candidature à l’élection présidentielle en 2014. Si elle a échoué cette fois, elle souhaite continuer son combat par les urnes. Mais problème, le processus démocratique n’est pas spécialement respecté non plus… Ce qui la révolte :

« Je ne sais pas quand est-ce qu’on aura des élections. C’est une question qu’il faut poser maintenant aux démocraties occidentales. J’aimerais la poser à la France et à son président, Mr. Macron ! La France qui est supposée être championne de la démocratie. Comment peuvent-ils rester silencieux face à ce qu’il se passe dans un pays soi-disant ami comme le Liban ? Et comment peuvent-ils continuer à soutenir financièrement de tels gouvernements ?

En 2016, le secrétaire général de l’ONU, Mr Ban Ky Moon, est venu au Liban avec le président de la World Bank. Il a dit très clairement « pas d’élections, pas d’argent ». C’était pour qu’il y ait des élections municipales. Pourquoi on n’a pas entendu ça en 2017 pour les élections législatives ? Est-ce que c’est une question qu’on peut poser à ces pays démocratiques ? Si le Liban n’est plus dans les intérêts, arrêtez d’envoyer de l’argent ! »

L’évolution de la loi sur la nationalité dans les pays arabes

La question de la transmission de la nationalité par les femmes n’est pas un problème uniquement libanais. Une campagne pour lutter contre cette injustice a été lancée entre 2001 et 2002 entre plusieurs États. « En 2001, c’était une particularité partagée par tous les pays arabes, dont beaucoup sont signataires de la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, comme l’Égypte en 1980, l’Arabie Saoudite en 2000 et le Liban 1996 », développe Lina, qui est responsable aussi du mouvement.

Pour autant, si ces États la signe, ils émettent tous des réserves sur la question de nationalité, estimant pour beaucoup que l’accès à la nationalité par mariage pourrait constituer un risque pour la souveraineté du pays ! (sic) Cependant, les choses ont avancé depuis, avec par exemple l’Égypte en 2004, l’Algérie en 2005 et le Maroc en 2008.

Au cours d’une étude en 2001 dans plusieurs pays du monde arabe dont le Liban, les activistes ont observé les conséquences de cette loi sur les personnes concernées. « On subit moins lorsqu’on a les moyens, mais l’impact a été recensé à plusieurs niveaux », explique Lina. En effet, ces enfants non-libanais n’ont pas accès à l’école publique, ni à la santé, ni à la citoyenneté, ni à l’emploi puisqu’ils sont considérés comme des étrangers.

« Vous avez remarqué que la société libanaise est raciste. Avec ce sentiment d’exclusion, on a constaté beaucoup de problèmes psychologiques chez ces enfants, même devenus adultes. Forcément, on s’attend à quoi dans ces conditions-là !? », souligne cette citoyenne active, qui ajoute : « On a découvert une dernière chose : c’est que peu importe la classe sociale ou la nationalité, ces femmes ont découvert qu’elles n’avaient pas ce droit lorsqu’elles ont eu leur premier enfant et qu’elles ont voulu l’enregistrer à l’état civil. »


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