Cette année, c’est voix royale pour le Black Movie Summer

Le public du Black Movie Summer, en 2016 à La Bellevilloise - Crédits : Black Movies Entertainment

Depuis huit ans, le Black Movie Summer fait découvrir à un public estival des courts-métrages issus de la culture afro. Cynthia Bazakana, présidente de l’association organisatrice Black Movies Entertainment, nous présente cet événement dont Respectmag est partenaire.

Comment est né le festival Black Movie Summer ?
À la base, c’était juste une page Facebook, créée avec une amie pour promouvoir les films afros. Très vite, il y a eu beaucoup d’abonnés, tellement que je ne pouvais plus changer le nom de la page Facebook, qui s’appelait Les films afro-américains de 1955 à 2009. Si bien qu’en 2011, nous avions un nom qui datait de 2009 ! J’ai dû faire un black mic mac pour changer le nom de la page, et on a créé le site internet Black Movies Entertainment. Et puis je me suis dis : « Pourquoi ne pas faire des soirées avec des projections ? ». De là est né le festival. On a organisé une date dans le bar d’un pote, et les gens qui s’étaient inscrits sur l’event Facebook sont vraiment venus. En général, tu fais un événement, et les gens ne suivent pas forcément, ils ne sont là que pour les likes. Mais là, le bar était blindé, c’était n’importe quoi ! Le mec m’a viré du bar au bout d’un mois, il m’a dit que c’était mort, et de trouver un autre lieu. C’est là qu’on a commencé, de façon estivale, à faire le festival Black Movie Summer.

Crédits : Black Movies Entertainment

Maintenant que vous avez quitté le petit bar des débuts, où se déroule le festival ?
Au début, on s’est dit qu’on allait faire découvrir Paris aux gens en faisant un festival sur différents lieux. Vu qu’il dure un mois, l’idée était : un week-end, un lieu. Mais on s’est rendu compte que c’était trop fatigant. On a fait ça pendant deux ans, dans pas mal de petits lieux, jusqu’à La Bellevilloise. On est tombés amoureux. L’espace était parfait pour nous accueillir, notamment avec le concept de la Grande Prairie. Chaque été, ils réaménagent une salle d’exposition de 500m2, avec de la pelouse, des plantes… on dirait une savane en intérieur ! Ça allait complètement avec le festival : un peu roots, et chill en même temps. Du coup on est restés à La Bellevilloise, et cette année nous serons au 88 Ménilmontant. C’est une parcelle dont on a confié l’exploitation éphémère, avant les travaux, à La Bellevilloise. Dès le départ, on voulait être en plein air, et là, La Bellevilloise nous l’a apporté sur un plateau d’argent, c’est juste parfait.

Quelle place faites-vous à la diversité dans la programmation ?
La ligne du festival, c’est de diffuser des courts-métrages afros, d’ici et d’ailleurs. On en diffuse beaucoup qui viennent de France, des Caraïbes, des Etats-Unis, d’Afrique. On essaye vraiment de montrer que dans le court-métrage, il y a beaucoup de choses. L’idée, au début, était de pouvoir soutenir de jeunes réalisateurs qui, partout, réalisent des choses formidables. Et que nous, on avait un endroit où on pouvait les diffuser, leur permettre de venir, et de s’exprimer sur leur travail.

Vous exploitez certaines contraintes pour faire un événement original, comment trouvez-vous les artistes, réalisateurs etc. ?
C’est un travail tout au long de l’année. Dès octobre, on est sur de la recherche. Cette année, pour la première fois, on a fait un appel à projets pour que de jeunes réalisateurs nous envoient leurs courts-métrages. On en a eu beaucoup de Français, et ça c’était une belle surprise ! On regarde aussi beaucoup ce qui se fait dans les festivals extérieurs, dans les pays étrangers où il y a des bons films. Mais vu qu’on est quatre là-dessus, c’est juste une galère, puisqu’on a pas tous les même goûts (rires). C’est pour ça que chaque année on met des thématiques, pour nous aider à orienter les choix des sujets, pour que ça ne soit pas axé sur un seul point de vue. Sur un mois, chaque week-end a une thématique bien spécifique, ce qui nous permet d’avoir une ligne directrice sur le choix des courts-métrages.

Quelles sont ces thématiques cette année ?
Cette année, la thématique générale est la royauté, qu’on a décliné en quatre sous-familles. Quand on dit royauté, on veut essayer de l’exploiter de différentes manières. La première thématique, c’est les rois et reines d’Afrique, l’idée de questionner le pouvoir, avec les notions de « super-pouvoir » mais aussi « pouvoir changer les choses ». La deuxième, c’est la transmission et l’oralité. La troisième s’appelle Q.U.E.E.R, avec la volonté de mettre en avant la communauté LGBT. Et la dernière thématique c’est la royauté urbaine. Tout ce qui est lié aux formes de royauté autour du hip-hop, des films urbains, les gangs qui se mettent en avant etc. C’est une forme de royauté différente. On a voulu vraiment scinder.

Au-delà des projections, le festival propose des stands de créateurs – Crédits : Black Movies Entertainment

Il n’y a que des projections ?
On essaye de mettre en avant tous les créateurs, les jeunes entrepreneurs, les personnes actives dans la société d’aujourd’hui, dans la nourriture, la musique, l’industrie. De ce fait, on a commencé à mettre en place du stand-up, des lives, des stands de jeunes créateurs, ou même différentes activités de jeux. L’Awalé, par exemple, est un ancien jeu africain, présenté par Ngoufo Gangnimaze, qui en a monté un club !

Pourquoi un festival l’été ? Souvent on se dit que les gens ne sont pas là.
On a commencé le festival parce qu’avec les gens de mon équipe, on ne partait pas en vacance. On s’était dit : « On va faire un festival pour les gens qui ne partent pas, un festival où l’entrée est gratuite, où les gens n’ont qu’à venir et passer un bon moment ». Toutes ces personnes qui ne partent pas, parce qu’elles n’ont pas d’argent, viennent au festival !

Plus d’infos sur le Black Movie Summer en cliquant ici !


Autre article écrit par Antonin Padovani

Quelles sont les revendications du Rif ?

    Connu en France comme un haut lieu de production de cannabis, le...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *