La parole du policier mis en examen dans l’affaire Théo

Un des manifestants avait une question à poser aux forces de l'ordre. Crédits : Mounir Belhidaoui

Depuis plus de deux semaines, la France continue à manifester son ras-le-bol des violences policières, suite à la révélation de l’agression vécue par Théo L. Un nouvel élément vient d’être porté à la connaissance du public. Mercredi 15 février, L’Express a diffusé une partie du récit du policier mis en examen dans cette affaire…

Théo L. a 22 ans. Habitant à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ce dernier a été agressé et violé par des policiers le 2 février dernier. Alors qu’il amenait des baskets à une amie, le jeune homme a traversé par hasard un contrôle d’identité. Les forces de l’ordre lui ordonnent de se mettre contre le mur. S’en suit un récit terrible, qu’il a donné à la chaîne BFM TV« Là, un des policiers vient et m’assène un coup. Je l’ai vu avec sa matraque : il me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement. Je suis tombé sur le ventre, j’avais plus de force ».

Un policier face à un individu violent ?

Le policier en question est entendu par un collègue près de trois heures après les faits. Il sera par la suite mis en examen. D’ailleurs, ce dernier ne livre pas la même version des faits, et porte plainte contre Théo. L’Express en a publié des extraits, dont nous vous donnons un aperçu :

« Alors que je venais de lui saisir le bras [il parle ici de Théo, ndlr], je recevais de sa part un coup de poing au niveau de la pommette gauche. Durant quelques instants, j’ai été sonné. J’ai compris à ce moment-là que l’individu serait prêt à tout pour se soustraire. Il se débattait, portait des coups de poing à tout va, gesticulait en tout sens, même des jambes. Le gardien de la paix D. parvenait toutefois, mais très difficilement, à le conduire au sol en le ceinturant. Tous deux basculaient au sol de manière très brutale« .

« L’individu se plaignait de douleur au visage ainsi qu’aux fesses »

Pour le policier, Théo représente encore un risque, explique le journal avant d’ajouter ce passage: « J’usais alors de ma matraque télescopique, et lui portais des coups en visant l’arrière des cuisses. L’individu continuait de se débattre, il se retournait, gesticulait en usant de son gabarit musclé, et il parvenait à se relever », explique-t-il. « Là je le voyais piétiner le collègue D. qui était encore au sol dos contre terre et subitement un jet de gaz lacrymogène s’échappait de la bombe du gardien D ». Et d’ajouter: « Je suppose alors que ce jet a été causé accidentellement dans l’agitation de l’individu. » Toujours selon ce témoignage, malgré le renfort d’un nouveau policier, aucune amélioration: « il continuait de piétiner le gardien de la paix D qui se trouvait toujours dos contre sol« .

Il n’évoque à aucun moment des coups sur les fesses. Après avoir menotté Théo, ce dernier se plaint de douleurs : « L’individu se plaignait de douleur au visage ainsi qu’aux fesses. Je regardais rapidement s’il avait quelque chose au niveau des fesses en tirant son bas de survêtement. Je constatais alors qu’il présentait une plaie saignante. Je n’ai aucune idée de la façon dont cette plaie a été faite. D’autre part, je ne m’en suis aperçu qu’une fois arrivé au poste, lorsque l’individu s’est plaint. Nous faisions donc appel aux sapeurs pompiers lesquels intervenaient et le prenaient en charge« .

Au moment où ces lignes sont écrites, Théo est encore l’hôpital, tandis que la mobilisation contre les violences policières est toujours aussi forte.


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